L’escrime pour combattre le cancer du sein

L’escrime a des effets bénéfiques chez les femmes atteintes de cancer du sein. En France, cette approche est répandue. L’Estrie aura maintenant son propre programme. Le Collège du Mont Notre-Dame a lancé, mercredi, le projet Cancer du sein et escrime, qui vise à aider le rétablissement des femmes.

Des élèves de l’institution qui ont été formées accompagneront les participantes au projet. Selon les programmes développés en France, « la pratique des mouvements du sabre », qui favorise l’amplitude du geste, serait « un facteur de rétablissement signifiant ».

Selon la docteure Dominique Hornus-Dragne de la Fédération française d’escrime, la chirurgie entrave la mobilité du bras et provoque certaines adhérences. Celles-ci empêchent la réalisation de certains gestes de la vie quotidienne. De plus, après une mastectomie, la posture d’une femme se trouve modifiée.

En Estrie, un nouveau cas de cancer du sein est diagnostiqué chaque jour. Il s’agit d’un des cancers les plus fréquents parmi la population, indique l’oncologue du CIUSSS de l’Estrie-CHUS Michel Pavic.

Ses patientes ont généralement entre 50 et 70 ans, mais certaines sont plus jeunes. « À cet âge, c’est stimulant d’avoir des jeunes qui s’occupent de nous! »

Le Dr Pavic est un ardent défenseur de l’activité physique, dit-il en ajoutant que beaucoup de bénéfices ont été démontrés ces dernières années, notamment en ce qui concerne l’amélioration de la qualité de vie et la réduction de la fatigue.

« Ce que je dis à mes patientes, c’est que l’activité physique fait partie de la guérison. Ça donne des bénéfices qui sont presque aussi importants que la chimiothérapie, que les traitements anti-hormones que l’on donne. »

L’initiative du CMND est menée en collaboration avec l’enseignant en éthique et culture religieuse (ECR) Daniel Coulombe et le club Escrime Pentathlon moderne Sherbrooke.

« Les mouvements sont faits pour aider à la réhabilitation, note M. Coulombe. Ce qui nous distingue de la France, c’est qu’on a ajouté l’escrime artistique, des chorégraphies avec musique et danse. Ce sont des mouvements pour ne pas trop avoir de répétition pour que les participantes ne soient pas blasées de toujours faire les mêmes mouvements. »

Selon Dr Pavic, on pourra y retrouver majoritairement des femmes qui ont un cancer localisé, qui sont considérées en voie de guérison. « Éventuellement, ça va être des femmes qui peuvent être métastatiques, mais qui n’ont pas de contre-indication médicale, qui sont en assez bonne forme pour faire une activité. Il faudra qu’il y ait l’aval de l’oncologue. Globalement, une grande majorité des patientes pourra y participer. »

Une dizaine d’élèves bénévoles s’investiront dans le programme; elles pratiquent ou elles ont déjà pratiqué l’escrime. Elles seront coordonnées par Nikita Neale, une élève de quatrième secondaire.

Les filles du Mont peuvent bénéficier du soutien financier de la pharmacienne Esther Meilleur (une ancienne de l’établissement privé) et de la bannière Pharmaprix. Les participantes auront accès aux activités gratuitement.