L’«escouade jaune» de retour dans les rues de Sherbrooke

Les chauffeurs d’autobus scolaire ont repris leur manifestation baptisée la «Virée jaune» pour dénoncer la rareté de main-d’œuvre et le peu de considération pour le transport des écoliers dans notre société.

Une «escouade jaune» composée d’une vingtaine de véhicules a circulé dans les rues de Sherbrooke jeudi. L’action de visibilité vise à attirer encore l’attention de la population sur les conditions de travail qui prévalent dans leur secteur.

« En général, la population ne connaît pas la réalité de notre travail, en particulier nos salaires nettement insuffisants pour les responsabilités qui nous sont confiées», signale  Stephen P. Gauley, président du Secteur transport scolaire (STS) de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN).

«Si nous manifestons sur les routes, c’est pour dénoncer le fait que nous vivons une rareté de main-d’œuvre directement liée à ces conditions de travail ridicules qui menacent ce service indispensable aux parents.»

Le syndicat mise sur le changement de gouvernement à Québec pour obtenir plus de reconnaissance. 

«Depuis le début de l’année scolaire, les menaces d’interruption de service et les nombreux retards se multiplient. Des chauffeurs ont des fois deux trajets à faire tellement on manque de personnel», ajoute M. Gauley. 

«À ce sujet, dès le début de la semaine prochaine, nous allons interpeller Jean-François Roberge, le nouveau ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur. Nous sommes vraiment au bas de l’échelle dans le monde scolaire. Ce que nous revendiquons représente environ 2600 $ par conducteur.»

Le 25 septembre dernier, les membres du STS ont décidé d’interpeller la population en lançant une campagne d’affichage public visant à documenter les problèmes vécus dans leur secteur et dénoncer cette pénurie de main-d’œuvre en lien direct avec les conditions de travail. En plus d’afficher des pancartes sur les grandes artères de leurs régions, les membres du STS pourront également rapporter les ratés actuels dont ils sont témoins par le biais de rapports d’événements afin de documenter clairement les effets de la pénurie de main-d’œuvre. 

On fait remarquer que les conducteurs des véhicules jaunes et noirs ont une charge énorme en transportant des écoliers pour toucher un salaire sous le seuil de faible revenu, avec des gains annuels moyens de seulement 19 288 $. Les membres STS revendiquent l’attribution par le gouvernement du Québec d’une enveloppe budgétaire supplémentaire de 26,75 millions $, fermée et dédiée à l’amélioration des conditions de travail dans ce secteur.

Dans un communiqué publié le 4 septembre dernier, la Fédération des transporteurs par autobus (FTA) confirmait à nouveau que la situation actuelle s’aggrave et que la solution proposée par la FEESP–CSN pourrait régler le problème.  

« Contrairement à un restaurant de fast-food qui ferme à cause d’une pénurie de personnel, dans le transport scolaire, le fait de manquer de conductrices ou de conducteurs d’autobus a pour conséquence de priver les familles d’un service public important, ce qui complique grandement leur vie. Voilà pourquoi le nouveau gouvernement doit régler cette question au plus vite », de déclarer Denis Beaudin, président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie. 

D’autres actions sont prévues au cours de l’année scolaire qui débute, et ce, tant que cette problématique ne sera pas réglée, ajoute le syndicat. 

Le STS regroupe environ 3000 membres de la Fédération des employées et employés de services publics–CSN. Celle-ci compte plus de 425 syndicats affiliés, représentant environ 60 000 syndiqués dans le domaine des services publics et parapublics.