Engagée en première ligne pour accueillir les femmes victimes de violence conjugale, la maison l’Escale de l’Estrie déplore devoir faire de la reddition de compte pour des sommes promises qui n’ont pas encore été versées.
Engagée en première ligne pour accueillir les femmes victimes de violence conjugale, la maison l’Escale de l’Estrie déplore devoir faire de la reddition de compte pour des sommes promises qui n’ont pas encore été versées.

L’Escale doit rendre des comptes sans avoir touché l’argent

Engagée en première ligne pour accueillir les femmes victimes de violence conjugale, la maison l’Escale de l’Estrie déplore devoir faire de la reddition de compte pour des sommes promises qui n’ont pas encore été versées.

La directrice générale de l’Escale de l’Estrie, Céline Daunais-Kenyon signale que les « dédales administratifs » représentent un irritant important en cette période de crise.

L’Escale a reçu une confirmation qu’elle recevrait 11 200 $ des 2,5 millions $ promis par le gouvernement Legault pour les maisons d’hébergement. La maison d’hébergement pour femmes violentées en Estrie attend aussi une aide qui pourrait atteindre 33 000 $ de la part du gouvernement fédéral.

« 11 200 $, c’est bien peu par rapport à nos besoins. Sans compter que nous n’avons pas encore vu la couleur de cet argent. C’est infernal de devoir faire des redditions de compte pour de l’argent que nous n’avons pas encore. Quant à l’argent du fédéral, nous venons de recevoir les formulaires. Pour les maisons d’hébergement du Québec, on nous demande beaucoup plus de détails alors que certaines maisons ailleurs au pays ont déjà reçu l’argent dans leur compte bancaire », déplore Céline Daunais-Kenyon.

Cette dernière affirme passer de 50 h à 60 heures à accomplir des tâches en première ligne auprès des femmes victimes de violence conjugale. Ces exigences administratives viennent alourdir la tâche.

« Tout le mouvement communautaire doit livrer ses états financiers pour le 30 juin. Cette pression s’ajoute alors que nous devons continuer à offrir des services en première ligne dans une situation de crise. Le gouvernement n’a pas encore pensé repousser ces délais alors que nous donnons des services essentiels à la population. Il y a des choses plus importantes sur le terrain que de faire des redditions de compte de l’année 2019 » soulève la directrice générale de l’Escale de l’Estrie.

Sur le terrain, la maison l’Escale a accueilli quatre femmes avec leurs enfants au cours des derniers jours.

« Ça commence à déborder un peu de partout. La situation a évolué cette semaine alors que nous recevons beaucoup plus d’appels à notre centre de soutien. Avec les femmes qui sont arrivées en hébergement, il y a davantage de pression sur notre équipe », indique Mme Daunais-Kenyon.

Elle mentionne que les mesures de prévention pour éviter la propagation de la COVID-19 sont bien accueillies.

« Les femmes qui arrivent doivent porter des masques dans les aires communes et elles prennent leurs repas à l’écart. Nous voulons éviter toute contamination. Jusqu’à maintenant, nous sommes capables de bien gérer la situation », soutient Céline Daunais-Kenyon.