Le vice-président de Garda, Christian Paradis, appelle à redéfinir les tâches policières.

Les Villes devraient avoir recours aux agences de sécurité

Une Ville comme Sherbrooke aurait avantage à avoir recours aux services d'entreprises de sécurité privées pour exécuter certaines tâches attribuées à des policiers et leur venir en appui. Des économies seraient au rendez-vous.
C'est le discours que tient depuis quelques semaines Christian Paradis, vice-président principal de la firme québécoise GardaWorld, aussi connu comme ancien ministre conservateur sous Stephen Harper.
« J'ai étudié la question en profondeur en me renseignant sur ce qui se fait dans le monde et je me suis rendu compte que les organisations municipales pourraient faire appel plus souvent à des agences privées pour accomplir certaines tâches », explique à La Tribune l'ancien député de la circonscription de Mégantic-L'Érable.
« Je dis souvent quand on va chez le dentiste, tous les gens du personnel ne sont pas dentistes. Les raisons nous paraissent évidentes. Pourtant, dans nos forces policières, des policiers formés et qualifiés effectuent des tâches autres que leurs tâches essentielles, des tâches pour lesquelles leur expertise n'est aucunement requise. Peut-on se permettre une telle mixité des tâches dans nos services policiers? »
M. Paradis avait fait parvenir une lettre ouverte à La Presse la semaine dernière. Il faisait remarquer qu'on pouvait confier la surveillance de chantiers de construction à des agents de sécurité au lieu de maintenir des policiers en place pour faire la circulation.
M. Paradis donne l'exemple d'une scène de crime qui a été enquêtée et sécurisée. Pourquoi ne pas faire appel à des agents de sécurité pour la surveiller durant les jours qui suivent l'événement, questionne-t-il. Une telle approche s'appliquerait à une ville de moindre envergure comme Sherbrooke.
Plusieurs tâches peuvent être effectuées par des gens de firmes privées au lieu d'avoir recours à des policiers en heures supplémentaires pour faire le boulot. Du travail clérical pourrait être absorbé par des agents de sécurité payés des salaires moins élevés que ceux des policiers.
Même chose pour aller prendre une déposition à la suite d'un vol de voiture par exemple, énumère-t-il. Il pense aussi aux fonctions comme les services de détention et de transport, la circulation et le soutien administratif qui pourraient facilement être imparties.
« L'idée est de confier du travail aux policiers pour lequel ils sont formés », dit le vice-président de GardaWorld, multinationale canadienne. « Leur rôle est de combattre le crime et de faire de la prévention. L'industrie de la sécurité privée au Canada est mûre pour exécuter les fonctions de soutien aux policiers. »
L'entreprise compte plus de 140 000 agents accrédités. « Les gouvernements ont revu récemment leurs dépenses. La plupart des entités publiques ont vu leur budget diminuer. Une tendance inverse s'est toutefois dessinée quant aux services policiers, alors que le taux de criminalité est à la baisse. »
Christian Paradis est bien conscient que sa proposition risque de heurter les fraternités de policiers et policières. La clé est de prévoir ces changements en incluant toutes les parties, martèle-t-il.
« C'est un monde complexe, mais ça se fait ailleurs. Il y a des résultats. Il ne faut pas exclure les syndicats quand vient le temps de procéder à ces changements », souligne-t-il.
« J'ai parlé avec des policiers. Certains me disaient qu'ils aimeraient être assignés à des tâches pour lesquels ils ont été formés. Nous ne faisons pas ça contre les syndicats. Tout le monde a son rôle. Ils vont vouloir évidemment défendre leurs membres. Plusieurs vont dire que nous sommes intéressés, car Garda fait dans le domaine. Mais ça prend quelqu'un pour lancer le débat. »
Christian Paradis garde un oeil sur la politique
On peut sortir Christian Paradis de la politique, mais on ne peut sortir la politique de Christian Paradis.
Devenu vice-président principal de la firme GardaWorld, l'ancien député Christian Paradiscontinue de suivre la scène fédérale de près. Il n'est pas question pour l'homme de 43 ans de faire un retour en politique. Du moins pas pour le moment.
« J'ai fait dix ans de politique et je ne pense pas revenir. J'ai voulu faire autre chose. Je donne encore des conseils quand on me sollicite », affirme cet avocat de formation à La Tribune.
« Je garde de l'intérêt pour la politique. Je ne m'ennuie pas cependant de la joute politique à Ottawa, mais je m'ennuie de parler au monde et aux journalistes... »
M. Paradis ajoute que la direction de la firme GardaWold l'a approché à la fin de sa carrière politique. On lui a confié entre autres le mandat de faire la promotion des services d'agents de sécurité privés dans le monde municipal.
« Je trouvais qu'il y avait une belle opportunité pour moi dans ce projet. C'est fusionnel avec ce que je faisais », dit-il.
L'ancien député de Mégantic-L'Érable ne veut pas prendre position dans la course à la chefferie du parti conservateur, sauf pour dire qu'il y a trop de candidats.
Christian Paradis a été député fédéral de Mégantic-L'Érable de 2006 à 2015 et ministre du gouvernement Harper de 2007 à 2015. Il a fait le saut chez Garda à la fin de 2015.