Treize membres du RUTASM ainsi que le président de Taxis de Sherbrooke, Miodrag Doslo, ont remis à l’attaché de presse de Geneviève Hébert des lettres demandant que la députée de Saint-François intervienne auprès du ministre des transports afin que soit freinée l’adoption du projet de loi 17, prévue pour juin.

Les utilisateurs du transport adapté demandent l’intervention de Geneviève Hébert

Le regroupement des usagers du transport adapté de Sherbrooke Métropolitain (RUTASM) et le président de Taxis de Sherbrooke, Miodrag Doslo, se sont présentés au bureau de la députée caquiste Geneviève Hébert, jeudi après-midi, pour réclamer que celle-ci intervienne auprès du ministre des Transports François Bonnardel afin que soit abandonné le projet de loi 17.

En l’absence de la députée de Saint-François, qui se trouvait à la capitale, les 13 membres du RUTASM présents et M. Doslo ont remis à l’attaché de presse de Mme Hébert une série de lettres signifiant leur opposition à ce projet de loi « déraisonnable ». L’adoption de ce projet, qui vise à déréglementer l’industrie et à abolir les permis de taxi, est prévue pour juin.

« Nous, les personnes handicapées, ferons les frais de ce projet en nous désorganisant au niveau fonctionnel », explique une lettre avant de recenser les raisons qui portent le regroupement à prendre ainsi position. Parmi celles-ci : la compromission de la sécurité de cette clientèle et l’absence de garantie d’une formation uniforme.

« Moi, si on me manipule de la mauvaise façon, c’est moi qui vais tomber. Ce n’est pas M. Bonnardel qui va dire : “je m’excuse, Mme Jean, c’est moi qui vous aie échappée. Ce n’est pas de ma faute, mes chauffeurs n’ont pas de formation.” Nos chauffeurs actuellement font très bien ce travail. Pourquoi réinventer la roue ? » a prononcé la membre du RUTASM Colette Jean, qui se déplace en fauteuil roulant.

Le président de Taxis de Sherbrooke soutient que l’entièreté de ses chauffeurs reçoit la formation de transport adapté, et qu’environ 90 % réalisent actuellement ce genre de courses, parmi d’autres.

Selon lui, une déréglementation amènerait une concurrence fatale. « Les chauffeurs vont faire faillite. On va tuer une industrie à nous : l’industrie québécoise du taxi », déplore-t-il, ajoutant que les « monsieurs et madames tout le monde » qui pourront devenir chauffeurs après l’adoption de la loi ne seront pas aussi rigoureusement vérifiés et encadrés que le fait Taxis de Sherbrooke.

Autre enjeu préoccupant le RUTASM : la migration des chauffeurs vers des applications comme Uber, par exemple, requerrait l’utilisation d’un téléphone cellulaire. Or, Mme Jean souligne que beaucoup de personnes âgées ou ayant un handicap n’ont pas ce genre d’appareil, qu’elle juge particulièrement coûteux.

Par ailleurs, le RUTASM et Taxi de Sherbrooke sont d’avis que le modèle de tarification dynamique autorisée par le projet de loi et déjà utilisée par les applications rendra les déplacements financièrement inaccessibles pour « cette clientèle déjà fragilisée ».  

L’attaché de presse de Geneviève Hébert, Jason Ménard, a assuré que les documents seraient transmis à la députée, mais n’a pas émis de commentaires en son nom.