Des entreprises agricoles de l’Estrie font le maximum pour protéger leurs employés étrangers de la COVID-19.
Des entreprises agricoles de l’Estrie font le maximum pour protéger leurs employés étrangers de la COVID-19.

Les travailleurs étrangers bien protégés par les agriculteurs de l'Estrie

Tommy Brochu
Tommy Brochu
La Tribune
Des entreprises agricoles de l’Estrie font le maximum pour protéger leurs employés étrangers de la COVID-19.

D’ailleurs, selon le président de l’UPA-Estrie, François Bourrassa, aucun travailleur étranger de la région n’est atteint de la COVID-19. « Si c’est le cas, on ne me l’a pas rapporté », précise-t-il. 

Rappelons que trois travailleurs mexicains sont décédés de la maladie en Ontario ce mois-ci. 

Mesures de protection

Selon le propriétaire de la Ferme Saint-Élie, qui est l’employeur de 13 travailleurs étrangers, ceux-ci sont très bien protégés.

Par exemple, leur commande est faite en ligne et ses employés n’ont qu’à aller la chercher à l’épicerie. « Ils ont des masques et des gants », dit l’employeur de dix Guatémaltèques et de trois Mexicains.

Une série de mesure a été adoptée pour assurer leur protection. « Ils sont deux par chambre [alors qu’ils pouvaient être quatre par le passé], ils ne mangent pas tous ensemble et ils ont des horaires séparés. Ils ont des jours pour faire leur lessive. On désinfecte toutes les tables, ils ont de l’eau de Javel. Ça fait des mois qu’on reçoit des informations. C’est ancré. Quand on va à la banque, c’est maximum trois dans la fourgonnette. Plus question d’embarquer à sept », dit celui qui paie un repas au restaurant à ses employés environ aux dix jours. 

« On fait tout ce qui est en notre possible », renchérit le patron. 

François Bourrassa

Petites fermes

« En Estrie, ce sont plus de petites fermes et il y a moins de travailleurs étrangers, pense le vice-président de l’UPA-Estrie, Michel Brien. C’est peut-être plus facile. Tout dépendant des installations où les travailleurs demeurent, quand il en arrive beaucoup, les employeurs les laissent ensemble dans la même maison et ils sont deux semaines en confinement. »

Jusqu’à récemment, M. Brien n’avait qu’un seul travailleur guatémaltèque. Récemment, la fille de ce travailleur est venue le rejoindre, mais ils n’ont pas habité dans la même maison durant les 14 jours obligatoires de confinement. « J’ai loué une autre maison », confirme-t-il. 

Sécurité partagée

Selon lui, la responsabilité de la sécurité est partagée entre l’employeur et l’employé. « Parfois, les travailleurs arrivent ici et sont 14 jours à ne rien faire, c’est long. Ils peuvent négliger leurs symptômes. On parle de négligence des producteurs, mais ça peut aussi être celle des travailleurs. Ils ont l’inquiétude de ne pas être payés s’ils ne vont pas travailler. Mais dans l’ensemble, je crois que c’est assez facile d’appliquer les mesures. Il faut que l’employeur et l’employé soient conscients qu’ils ne font pas ça pour rien », exprime le producteur laitier. 


« Je pense qu’ils en sont plus conscients aujourd’hui avec ce qui est arrivé. »
Michel Brien

Est-ce que ses employés parlent de la COVID-19? « Beaucoup. Ils ont aussi de la COVID dans leur pays. Ils connaissent les dangers. Je pense qu’ils en sont plus conscients aujourd’hui avec ce qui est arrivé. Ça les touche pas mal. Celui qui travaille actuellement chez moi devait retourner chez lui. Il a choisi de continuer. Il a même dit qu’il avait moins de danger d’attraper la COVID ici qu’au Guatemala. Il sait aussi que le système de santé est meilleur ici », confie M. Brien. 

À sa ferme, M. Brien et les deux travailleurs ne se croisent pas souvent. « Je travaille plus au champ et les employés du Guatemala travaillent plus à l’étable, explique-t-il, ajoutant qu’ils n’ont pas beaucoup de contacts avec le monde extérieur. On se parle, mais on ne travaille pas collés les uns sur les autres. Quand ils font la traite, ils sont à chaque bout de l’étable. » 

Bilan du jour

En Estrie, le bilan de la COVID-19 est resté stable. La Santé publique de l’Estrie n’a déploré ni nouveau cas ni nouveau décès de la maladie à coronavirus.