Les téléphones perdus sont très souvent inspectés par ceux qui les trouvent

Les chances qu'un téléphone cellulaire perdu soit retourné à son propriétaire sont d'un peu plus de 50 pour cent, tandis que les chances que le téléphone soit inspecté par celui qui l'a trouvé sont de 100 pour cent, montre une expérience menée dans six villes canadiennes.
L'entreprise de sécurité informatique Symantec a abandonné dix téléphones dans chaque ville - Calgary, Halifax, Montréal, Ottawa, Toronto et Vancouver - et a attendu de voir s'ils seraient retournés. Chaque téléphone était muni d'icônes menant à des fausses applications conçues pour susciter l'intérêt de ceux qui avaient trouvé les appareils. Le suivi de ces programmes montre que les personnes qui ont trouvé les téléphones n'ont pu résister à la tentation de fouiller pour voir ce qu'il y avait dedans.
Stefano Tiranardi, spécialiste de la protection de l'information chez Symantec Canada, s'est dit déçu par les résultats de l'expérience.
«J'ai été surpris par ces chiffres plus élevés que prévu, a-t-il affirmé. En vérité, les individus qui égarent leur téléphone ou qui se le font voler n'ont absolument aucun espoir que leur information privée reste privée.»
Sur les 60 téléphones utilisés pour l'expérience, 55 pour cent ont été récupérés par des personnes qui ont tenté de les retourner à leur propriétaire.
Vingt-sept téléphones n'ont jamais été retournés, et il ne s'agissait même pas de téléphones intelligents dernier cri. Symantec a utilisé d'anciens téléphones fonctionnant sous Android pour mener l'expérience.
L'une des questions à laquelle Symantec tentait de répondre était de savoir à quel point les gens seraient persistants dans leur inspection du téléphone trouvé.
Et ils ont été très persistants, montre l'expérience.
L'un des téléphones abandonnés à un arrêt d'autobus de Calgary a été trouvé par une personne âgée qui souhaitait le rendre à son propriétaire. En tentant d'établir un contact avec le propriétaire, cette personne en a profité pour fouiller amplement dans l'appareil.
Le téléphone a été trouvé seulement 25 minutes après avoir été abandonné, et aussitôt, une application intitulée «Contacts» et une autre avec la mention «Réseaux sociaux» ont été activées. Neuf minutes plus tard, une icône intitulée «Salaires RH» a été ouverte.
Peu après, un courriel a été envoyé à une adresse intitulée «Moi» figurant dans la liste de contacts, avec une offre pour celui qui retrouverait le téléphone.
Et l'inspection de l'appareil s'est poursuivie.
Environ 30 minutes plus tard, l'icône «Mots de passe» a été ouverte. Puis, après environ une heure, les icônes «Réseaux sociaux» et «Banque en ligne» ont été activées.
Quelques jours ont passé sans que le téléphone ne soit utilisé. Quand il a été branché pour recharger la pile, d'autres applications ont été activées, et le jour suivant, il y a encore eu d'autres indiscrétions dans le téléphone.
Cette histoire n'est apparemment pas inhabituelle.
Quatre-vingt-treize pour cent des téléphones ont été fouillés d'une façon ou d'une autre par les personnes qui les avaient trouvés.
Les réseaux sociaux et les applications liées aux entreprises ont été consultés dans les deux tiers des téléphones, tandis que les mots de passe, les photos et les courriels ont été consultés dans la moitié des appareils. Les applications bancaires ont été ouvertes dans un téléphone sur trois.