Alberto Navarro, propriétaire du Bistro Kàapeh Espresso

Les tasses bleues s’envolent

Attendus avec enthousiasme par plusieurs commerçants et clients sherbrookois, les gobelets à café consignés La Tasse se sont rapidement envolés dès leur arrivée, à la fin du mois de juin dernier. Toutefois, leur retour se fait attendre.

« J’ai ‘‘vendu’’ ma dernière ce matin! » déclare Alberto Navarro, propriétaire du Bistro Kàapeh Espresso. Il précise être bien au fait qu’il s’agit d’une consigne et non d’une vente, mais que cela correspond plus ou moins à ce qu’il a observé. « J’ai l’impression que la plupart des clients le voient plus comme un achat, qu’ils la gardent et la réutilisent », avance-t-il.

Sur la centaine de tasses réutilisables écoulées par son commerce dans le dernier mois, M. Navarro indique que son commerce a eu à rembourser moins d’une dizaine de consignes. L’objectif du système, soit d’éviter le recours aux gobelets jetables, est donc plus ou moins atteint puisque au lieu de vraiment circuler, les tasses bleues demeurent entre les mêmes mains de quelques personnes seulement.

Le propriétaire du Kàapeh désire néanmoins continuer de participer à cette initiative et il songe même à commander à nouveau de ces tasses prochainement. « On s’est fait dire que c’est ce qui est arrivé avec La Tasse, à Montréal : dans les premiers mois, les tasses se sont écoulées et ne revenaient pas, mais un mois et demi après, les clients ont commencé à les retourner », rapporte M. Navarro. Il comprend tout de même cette pratique des clients, puisque selon lui, les tasses sont belles et peu chères. Leur popularité serait par ailleurs positive en elle-même.

Ailleurs aussi

La disparition des gobelets réutilisables n’est vraisemblablement pas exclusive au café mexicain de la rue Frontenac. Du côté du Tassé, il aura fallu moins de deux semaines pour voir les 200 tasses quitter la tablette. « Il y a eu un gros boom au début. Veut, veut pas, tout le monde voulait sa tasse », indique Maïna Jetté, propriétaire de Le Tassé Café de quartier.

Un certain roulement commencerait toutefois à se dessiner petit à petit, du côté de ce commerce de la rue Conseil, mais l’entreprise constate surtout que les clients arrivent et repartent avec la même tasse bleue. Pourtant, il n’y a aucun souci à avoir pour la propreté des contenants, car ceux-ci sont automatiquement lavés par le commerçant une fois retourné, que les clients les rapportent propres ou tachés de café.

« Au final, l’objectif, c’est surtout de voir de plus en plus de gens avec des tasses réutilisables, peu importe le modèle. Quand les sacs réutilisables ont commencé à faire leur apparition dans les épiceries, il fallait mettre des affiches ‘‘Avez-vous vos sacs?’’ parce que les gens les oubliaient. Mais on en a pris l’habitude avec les années et je pense que ça va être la même chose avec les tasses réutilisables », estime Mme Jetté.

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Maïna Jetté

Le Tassé à la conquête de l’ouest

À la veille de son dixième anniversaire, Le Tassé part à la conquête de nouveaux quartiers puisque la propriétaire, Maïna Jetté, a récemment acquis le comptoir de café à emporter Le Guichet, sur la rue Galt Ouest.

« Quand j’ai acheté Le Tassé ici sur Conseil, je savais que le café était à son maximum, qu’on ne pourrait pas l’agrandir, mais qu’il était impensable de déménager! J’ai donc décidé que la seule solution à long terme pour faire grossir l’entreprise était d’ouvrir d’autres petits Tassés. On a eu une belle opportunité avec Le Guichet, parce que je voulais justement que le café de quartier de l’est reste la référence, mais qu’on ouvre des comptoirs pour emporter un peu partout », précise Mme Jetté.

Elle assure que ce changement de main résulte du départ du gérant, qui a accepté un nouvel emploi dans le domaine communautaire, et qu’il n’y aurait aucun problème de rentabilité avec cette entreprise.

« C’est sûr que ce n’est pas le roulement du Tassé sur Conseil, mais on a vu les chiffres des anciens propriétaires et la progression était constante. »

Et même si elle ne se dit pas prête à acquérir encore d’autres locaux à court terme, elle garde l’œil ouvert : « maintenant qu’on est dans l’est et dans l’ouest de la ville, il reste le nord et le sud! »