Les syndiqués de la compagnie Autobus des Cantons ont manifesté leur mécontentement, mercredi matin, dans le stationnement du Carrefour de l'Estrie.  
Les syndiqués de la compagnie Autobus des Cantons ont manifesté leur mécontentement, mercredi matin, dans le stationnement du Carrefour de l'Estrie.  

Les syndiqués d’Autobus des Cantons veulent plus de protection [VIDÉO]

Claude Plante
Claude Plante
La Tribune
Les chauffeurs de la compagnie Autobus des Cantons réclament des mesures sanitaires plus adéquates et efficientes en cette période de pandémie.

Le Syndicat des travailleuses et travailleurs du transport scolaire des Autobus des Cantons - CSN conteste la décision de l’employeur de ne pas installer des barrières de protection dans les véhicules jaunes pour protéger les chauffeurs.

Mercredi matin, fâchés « du peu de considération que l’employeur a pour eux », les syndiqués ont décidé de dénoncer leur situation en «  confinant  » les autobus scolaires de leur employeur. 

Regroupés dans le stationnement du Carrefour de l’Estrie à 9h30, ils ont lancé un message à la direction. Les chauffeuses et chauffeurs ont symboliquement « confisqué » leur véhicule quelques heures entre deux prestations de travail dans la région de Sherbrooke.

Les autres transporteurs de la région, dont les employés sont affiliés à la CSN, sont protégés par des barrières en vinyle dans les véhicules. Chez Autobus des Cantons, on a opté pour le port du masque et de lunettes de sécurité, déplore le syndicat. 

«  Nous avons des enjeux liés à la vision des conducteurs. De la buée se forme dans les lunettes de sécurité avec le port du masque, ce qui rend la conduite moins sécuritaire », clame Mario Paré, président du syndicat.

« Cette mesure devrait être la dernière option privilégiée par l’employeur, car il s’agit du dernier recours proposé par la CNESST lorsque le milieu de travail ne permet pas d’autres options. »

De plus, les conducteurs peuvent être en contact avec plus de 100 élèves par jour en raison du fait qu’ils font des transferts, explique M. Paré. 

« Beaucoup de contacts sont à moins de deux mètres pendant des périodes de plus de 15 minutes. Les élèves assis sur les bancs avant sont souvent au primaire et n’ont pas l’obligation de porter le couvre-visage », s’inquiète-t-il.

« Nos membres reçoivent donc continuellement les gouttelettes des plus petits sur leurs vêtements. Considérant la durée de vie de la COVID-19, ils prêtent donc flanc à la contamination.  » 

Selon Stephen Gauley, du secteur transport scolaire de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP), la majorité des chauffeurs et chauffeuses ont plus de 60 ans. Ils sont donc plus à risque de souffrir de la COVID-19. « On comprendra que leur stress de développer des complications est grand. Surtout, n’oublions pas qu’avec la forte pénurie de main-d’œuvre dans notre secteur, un chauffeur d’autobus malade, c’est souvent un trajet annulé faute de remplaçant. Les ruptures de service sont donc à prévoir!  » prévient-il.

Considérant « le manque d’ouverture de la part de l’employeur », les syndiqués ont décidé de se regrouper afin d’obtenir l’appui de la population dans leur revendication pour un milieu de travail sécuritaire. Ils prévoyaient passer une partie de la journée dans le stationnement du Carrefour de l’Estrie en invitant la population à les appuyer. D’autres actions sont à prévoir dans le cas d’une impasse.  

Le Syndicat des travailleuses et des travailleurs du transport scolaire des Autobus des Cantons - CSN compte plus de 50 membres.

Chauffeur d'autobus depuis 49 ans, Roland Breton réclame plus de protection lorsqu'il est derrière le volant.