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Un front syndical de militants des syndicats des secteurs de l’éducation et de l’enseignement supérieur de la région de l’Estrie a manifesté, jeudi midi, devant le bureau de la députée caquiste de Saint-François Geneviève Hébert.
Un front syndical de militants des syndicats des secteurs de l’éducation et de l’enseignement supérieur de la région de l’Estrie a manifesté, jeudi midi, devant le bureau de la députée caquiste de Saint-François Geneviève Hébert.

Les syndicats de l’enseignement haussent le ton

Coralie Beaumont
Coralie Beaumont
La Tribune
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Un front syndical a manifesté jeudi midi devant le bureau de la députée caquiste de Saint-François Geneviève Hébert. Près d’une trentaine de militantes et de militants des syndicats des secteurs de l’éducation et de l’enseignement supérieur de la région de l’Estrie, affiliés à la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), ont ainsi clamé leur indignation par rapport à leurs conditions de travail. Le message des manifestants au gouvernement est clair : « il faut que ça change, maintenant! »

La députée de Québec Solidaire Christine Labrie était également présente pour apporter son soutien aux manifestants. « Je suis derrière eux, car je sais qu’ils se battent pour nos services publics et je pense que beaucoup de parents aussi ». 

Mme Labrie est d’avis que « le réseau de l’éducation est vraiment au bord du précipice en ce moment. Il y a une pénurie de main-d’œuvre importante. Pas seulement des enseignants, mais aussi des surveillants, du personnel de garde, des chauffeurs d’autobus, des orthopédagogues... Il en manque partout! Ça doit changer, sinon on ne sera pas en mesure d’offrir des services aux élèves ».

Investir pour les élèves

Pour Vincent Dufresne, président du syndicat du personnel de soutien du Cégep de Sherbrooke et l’un des organisateurs de la manifestation, il est important de réinvestir dans l’éducation et dans l’enseignement supérieur pour maintenir le personnel en poste. 

Pour sa part, Martin Côté, président du Syndicat des professionnelles et professionnels de l’éducation de l’Estrie, pense qu’il est important d’augmenter les services pour les élèves. Il explique qu’il manque de nombreux professionnels dans le réseau public, notamment en orthophonie ou en psychologie, ce qui empêche d’intervenir efficacement auprès des élèves. 

« Le ministre dit que l’éducation est une priorité. Pour arriver à cela, on veut qu’il rajoute des professionnels dans le système. On pense aux élèves avant tout ».  

Richard Bergevin, le président du syndicat de l’enseignement de l’Estrie, cite comme préoccupations de ses membres l’amélioration de la composition de la classe et des services aux élèves en difficulté, un meilleur soutien pour les jeunes qui commencent dans la profession, un allégement de la tâche et une amélioration des conditions salariales. 

« Si on veut une profession forte et des services éducatifs de qualité, il est temps que le gouvernement investisse dans l’enseignement au Québec », précise-t-il. Il rappelle que les enseignants au Québec sont les moins bien payés au Canada, « et de loin! »

Le président du syndicat des employés manuels du Centre de service scolaire de la région de Sherbrooke, Benoit Rouillard, était également sur place pour représenter ses membres qui s’occupent de l’entretien ménager et mécanique des bâtiments. Aux prises avec une importante pénurie de main-d’œuvre, M. Rouillard revendique une amélioration des conditions de travail. 

« Pour 15 000 élèves et 5000 employés, l’entretien de la ventilation ou encore la désinfection repose sur les épaules d’environ 130 membres », explique-t-il. 

« Les gastros, les rhumes... on pourrait aider le système de santé en désinfectant mieux nos bâtiments. Moins de gens malades, moins de gens dans les hôpitaux! Il faut investir dans la prévention et non après que le mal soit fait », ajoute-t-il.

Menace de grève

« On a obtenu notre mandat de grève cette semaine. Ce qu’on a entendu, c’est vraiment un cri du cœur. Les gens ne sont pas fâchés, ils sont épuisés. Ils sont plus capables de continuer avec les conditions de travail qu’ils ont présentement », explique Renée Bibeau, la présidente du Syndicat du personnel technique et administratif du CSSRS. 

Les représentants syndicaux se disent déterminés à faire avancer leur cause et ils iront jusqu’à la grève si cela est vraiment nécessaire. Mme Bibeau confie ne pas souhaiter en arriver là. 

« C’est pour cela qu’on demande aussi à la population de nous soutenir, de mettre la pression sur le gouvernement pour qu’il s’assoie avec nous, qu’on trouve des solutions et qu’on évite la grève! » Martin Côté, président de la SPPEE, abonde en ce sens, 

« on veut montrer à la population que cela n’avance pas. On a cœur l’éducation alors la grève c’est un peu par dépit, ce n’est pas notre premier choix ».