Mercredi aux États-Unis, on attendait encore les résultats des certains états où le vote était très serré.
Mercredi aux États-Unis, on attendait encore les résultats des certains états où le vote était très serré.

Les sondeurs devront se questionner

Claude Plante
Claude Plante
La Tribune
Les firmes de sondage devront réfléchir à leurs méthodes de travail à la suite de l’élection américaine de mardi. Les résultats serrés obtenus ne reflètent pas ceux des coups de sonde effectués dans les dernières semaines et derniers jours de la campagne électorale.

Si plusieurs prévoyaient une victoire éclatante du clan démocrate, c’est à l’arraché que son leader Joe Biden pourrait devenir président des États-Unis, fait remarquer Raynald Harvey, président de Segma Recherche.

Mercredi, on attendait encore les résultats de certains États tellement le vote était serré. 

« Il y avait eu une remise en question en 2016 à la suite de l’élection de Donald Trump, mais les maisons de sondage devront le faire encore », analyse-t-il, lors d’un entretien accordé à La Tribune.

« Elles étaient dans la marge d’erreur pour le vote populaire, mais pas pour le nombre de grands électeurs. Là, elles sont hors de la marge d’erreur pour les deux résultats. »

On aurait dû mieux pondérer les électeurs républicains dans les calculs des sondages, ajoute M. Harvey. On a aussi sous-estimé la mobilisation des partisans de Donald Trump. « On remarque que les fans de Donald Trump sont plus motivés et ont été voter en plus grand nombre qu’on pensait, souligne-t-il. On les voyait aller dans les rallyes de Donald Trump malgré la COVID. »

« Il y a aussi le fait que les gens disent moins qu’ils vont voter pour Donald Trump quand vient le temps de répondre à un sondage. Il y a aussi plus de volatilité. Les gens changent d’idée une fois rendus dans l’isoloir. »

Vote et médias sociaux

On ne peut non plus prévoir qui va aller voter. Les sondages se basent sur la présomption que 100 des répondants vont aller faire un X sur un bulletin de vote, fait remarquer M. Harvey.

« Aujourd’hui, les gens vont changer d’idée juste à lire une information sur les réseaux sociaux. Ça devient plus difficile à prévoir, dit-il. On remarque que les sondages effectués deux ou trois semaines avant le vote sont moins fiables. Ceux faits deux ou trois jours avant vont être plus fiables. »

« Visiblement, les gens moins scolarisés et les partisans plus motivés ont voté en plus grand nombre. »

Donald Trump a aussi presque réussi à demeurer en poste à la Maison-Blanche malgré les médias de masse prenant très souvent position contre le candidat sortant. « Malgré ce que les médias disent, les gens se font leur propre opinion », résume le sondeur.

« Donald Trump va pouvoir continuer de dire que les médias sont corrompus. Il va pouvoir ajouter que les sondages sont corrompus… »

Rappelons qu’au beau milieu de la nuit de mardi à mercredi, les médias ont critiqué le président Donald Trump après qu’il eut faussement déclaré en direct à la télévision qu’il avait été réélu, alors même que les votes étaient toujours comptés.

Au moment où des journalistes et des partisans étaient réunis à la Maison-Blanche, vers 2 h 20, le président a affirmé que c’était « une fraude majeure pour notre nation » qu’il n’ait pas été déclaré vainqueur, rapportait l’Associated Press.