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La DPJ de l’Estrie fait face à une hausse d’environ 20 % des signalements depuis que l’Estrie a basculé en zone rouge.
La DPJ de l’Estrie fait face à une hausse d’environ 20 % des signalements depuis que l’Estrie a basculé en zone rouge.

Les signalements font un bond de 20 % à la DPJ

Marie-Christine Bouchard
Marie-Christine Bouchard
La Tribune
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La Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) de l’Estrie fait face à une augmentation importante du nombre de signalements depuis que l’Estrie est passée en zone rouge il y a six semaines.

« Nous faisons face actuellement à une hausse d’environ 20 % des signalements. Nous sommes passés d’environ 140 signalements à 200 signalements par semaine », mentionne le président-directeur général du CIUSSS de l’Estrie-CHUS Stéphane Tremblay.

Cette hausse s’additionne à plusieurs autres hausses survenues au cours des derniers mois.

Il n’y a pas pour le moment d’explications scientifiques pouvant expliquer pourquoi le changement de palier d’alerte — alors que les écoles et les services de garde sont restés ouverts — a provoqué une hausse des signalements.

« On peut penser à la santé psychologique des gens. Avec le confinement, il y a un isolement social plus important. Il y a des gens qui vivent des situations encore plus difficiles qu’avant, avec les pertes d’emploi, la précarité… Nous commençons à croire que nous connaissons un autre phénomène à l’intérieur de la pandémie. Dans deux ans, ce sera facile de regarder en arrière et de comprendre ce qui se passait, mais pour le moment, c’est encore difficile de bien comprendre ce que nous sommes en train de vivre », mentionne Stéphane Tremblay.

Les centres de services scolaire, qui côtoient les jeunes de très près, pourraient être appelés à les questionner davantage pour mieux comprendre ce qu’ils vivent.

Pendant ce temps, les employés de la DPJ travaillent sans relâche pour répondre à la demande. Le défi demeure immense dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre généralisé dans le réseau de la santé et des services sociaux. « On demande beaucoup aux employés », concède le Dr Tremblay.

Rappelons les faits. En mars 2020, la DPJ de l’Estrie a été placée sous la responsabilité d’un mandataire spécial après un autre cas grave de négligence d’enfants qui ont attendu des mois avant que leur dossier ne soit évalué. La DPJ de l’Estrie était sous haute surveillance depuis le décès d’une fillette de Granby bien connue de la DPJ au printemps 2019.

La DPJ poursuit activement son redressement. Même en pleine première vague de la pandémie, le dossier de la DPJ est toujours demeuré au cœur des priorités du CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

« Nous avons embauché de nouveaux professionnels, nous les avons mieux outillés, on resserre nos liens avec nos partenaires, et nous avons continué de travailler sur notre plan pour la protection des enfants et de leurs familles, que nous allons présenter publiquement en janvier », indique-t-il.

Les progrès sont importants depuis avril 2019, mais le travail n’est pas terminé, assure le Dr Tremblay.