Une vingtaine de personnes se sont déplacées devant les bureaux de Luc Fortin pour manifester leur mécontentement.

Les sages-femmes mettent de la pression sur le ministre

Une vingtaine de manifestants ont exprimé leur mécontentement face à la lenteur des négociations du renouvellement du contrat de travail des sages-femmes en Estrie. Lundi midi, ils ont mis de la pression en se rendant devant les bureaux du député de Sherbrooke et ministre de la Famille, Luc Fortin.

Sans contrat de travail depuis trois ans, les sages-femmes n'ont pas encore abordé le coeur de leurs demandes. Pour la porte-parole du Regroupement des sages-femmes du Québec (RSFQ), Véronique Couture, les demandes ne sont pas démesurées. « Les négociations n’avancent pas. Le gouvernement nous a demandé de fournir des chiffres, on l’a fait. Maintenant, on veut qu’ils aient le mandat de négocier avec nous, autre que de la négociation à coût zéro », affirme-t-elle.

Véronique Couture

« Aux dernières négociations, on nous a dit qu’il fallait accepter de ne pas avoir de rétroaction dans les trois dernières années de la convention », déplore-t-elle.
Les sages-femmes tentent de garder les avantages qu’elles ont déjà acquis. « En général, on essaie de ne pas se faire couper, poursuit Mme Couture. On veut que ça se règle rapidement. On trouve ça insultant. On se demande si c’est parce que nous sommes seulement 200 ou si c’est parce que nous sommes que des femmes », martèle-t-elle.
Soutenues par des hommes


« Les sages-femmes prennent le temps d’appuyer les familles. »
Dominic Girard

Si la majorité des manifestantes étaient des femmes, quelques hommes sont allés braver le froid. Pour Dominic Girard, qui a vu ses deux enfants naître avec l’aide d’une sage-femme, il est important de les soutenir dans leur lutte. « Les sages-femmes prennent le temps d’appuyer les familles — autant le père que la mère — dans le processus prénatal, natal et postnatal. En plus, c’est une pratique qui est moins coûteuse pour le gouvernement »
« Ça aide au père à trouver sa place dans la famille qui va naître ou s’agrandir. Moi-même, j’ai pu avoir la chance d’aider à attraper mes bébés. C’est une pratique qui vient soutenir un rôle de père plus assumé et plus outillé », analyse-t-il.
Une vingtaine de sages-femmes pratiquent leur métier en Estrie.
D’autres manifestations pour la même cause ont eu lieu à Montréal et à Brossard devant les bureaux du premier ministre Philippe Couillard et du ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette.