La robotique collaborative serait-elle la planche de salut qu’attend le secteur manufacturier afin de contrer la pénurie de main-d’œuvre qui affecte des milliers d’entreprises au Canada et ailleurs en Occident?

Les robots en guise de solution à la pénurie de main-d’œuvre

La robotique collaborative serait-elle la planche de salut qu’attend le secteur manufacturier afin de contrer la pénurie de main-d’œuvre qui affecte des milliers d’entreprises au Canada et ailleurs en Occident?

C’est le pari qu’a accepté de relever l’Université de Sherbrooke en compagnie de l’Université Laval et de l’École de technologie supérieure (ÉTS) dans le cadre du Programme de formation orienté vers la nouveauté, la collaboration et l’expérience en recherche grâce à l’obtention d’une subvention de 3,6 M$ sur six ans du Conseil de recherches en sciences naturelles et génie Canada (CRSNG).

Grâce à cette subvention, les trois établissements ont pu mettre sur pied le programme CoRoM (pour Collaborative Robotics in Manufacturing), dont l’impact sur le secteur manufacturier pourrait être majeur au cours des prochaines années.

Le programme CoRoM est destiné aux étudiants à la maîtrise et au doctorat intéressés par la robotique. Son objectif est de former une relève hautement qualifiée en robotique collaborative destinée au secteur manufacturier. Selon plusieurs analystes du marché du travail, la robotique collaborative est un secteur qui connaît une nette progression au pays face au manque de main-d’œuvre qualifiée.

Les départs massifs à la retraite survenus dans le secteur manufacturier et le peu d’intérêt manifesté par les jeunes pour ce secteur d’activités militent en faveur de la robotique collaborative. De plus, un des objectifs du programme vise à accroître la représentation féminine en robotique et en ingénierie appliquée.

« Ce qu’on veut faire, ce sont des environnements où des robots et des humains collaborent ensemble pour faire des tâches, explique Alexis Lussier-Desbiens, professeur au Département de génie mécanique à l’Université de Sherbrooke. On veut que les humains deviennent un peu des gestionnaires d’un parc de robots, qu’ils enseignent aux robots les tâches à faire de manière très naturelle, sans nécessairement faire de programmation », précise le codirecteur du programme CoRoM.

L’industrie semble aussi intéressée par les perspectives qu’offre la robotique collaborative. Outre les trois universités québécoises mentionnées, on retrouve une douzaine de partenaires privés disséminés un peu partout au Canada. Parmi eux, l’usine GE de Bromont effectue divers essais afin d’intégrer la robotique collaborative à sa production de moteurs d’avion.

« On est encore à trouver les bons endroits où insérer les robots collaboratifs, indique Marie-Christine Caron, directrice Centre mondial de recherche et développement automatisation et robotique, à Bromont. Jusqu’à présent, là où on les a utilisés de façon plus importante, c’est au niveau de la collaboration entre un inspecteur et la caméra (…). On laisse le robot tenir la caméra pendant que l’inspecteur regarde l’image en étant confortablement assis. Donc, il n’a pas besoin d’aller vers la pièce pour voir le défaut, c’est la caméra qui y va pour lui. »

Au cours des six années que durera le programme CoRoM, on prévoit former environ 160 étudiants. Outre leur formation théorique, ceux-ci auront passé au moins 20 % de leur formation en industrie, selon les critères d’admission du programme.