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Les recherches s'intensifient pour retrouver Edith Blais
Édith Blais

La disparition d'Édith Blais fait la manchette au Burkina Faso

SHERBROOKE — La communication entre la famille d’Édith Blais et le gouvernement du Canada s’est améliorée. Après la visite d’Affaires mondiales Canada dimanche, la mère et la sœur de la Sherbrookoise disparue au Burkina Faso se disent maintenant rassurées. Entre-temps, les médias burkinabés se sont saisis de l’histoire et les intervenants canadiens se font de plus en plus discrets.

« Nous sommes en contact avec Affaires mondiales Canada et ils nous fournissent un agent de liaison. Ils ont répondu à nos questions et à nos inquiétudes. Ils ont beaucoup écouté ce que nous avions à dire au sujet de notre expérience avec leur centre d’appel. Ils étaient très disponibles pour nous », explique Mélanie Bergeron-Blais, la sœur d’Édith Blais.

La famille, qui ne se limite pas à la thèse de l’enlèvement, dit qu’elle est maintenant informée du travail effectué dans le dossier. « Nous avons désormais confiance qu’ils travaillent dans le meilleur intérêt d’Édith. »

Rappelons que la jeune femme de 34 ans a été vue pour la dernière fois le 15 décembre à Bobo-Dioulasso, dans l’ouest du Burkina Faso, en compagnie de son copain italien, Luca Tacchetto. Les deux voyageurs qui manquent à l’appel devaient se rendre en voiture dans la capitale Ouagadougou avant de se diriger au Togo pour faire du volontourisme auprès de l’organisme Zion’Gaïa. Ils n’ont jamais atteint leur destination. Aucune transaction n’a été effectuée dans leurs comptes bancaires depuis au moins trois semaines et les efforts pour localiser leurs téléphones cellulaires ont jusqu’ici été vains.

La députée et ministre Marie-Claude Bibeau a téléphoné à la famille lundi matin. Son bureau avait été en contact avec les proches d’Édith Blais au cours du week-end. « Originaire de Sherbrooke, la ministre Bibeau est particulièrement préoccupée par la disparition d’Édith Blais et de son ami Luca. Pour la sécurité même d’Édith et de Luca, les communications publiques sur ce dossier seront fournies strictement par Affaires mondiales Canada », peut-on lire dans un courriel émanant de son bureau.

Selon plusieurs sources, le gouvernement canadien conseille la discrétion aux intervenants impliqués de près ou de loin dans le dossier. La journaliste pigiste Sophie Douce, déployée au Burkina Faso pour le journal Le Monde, a tenté d’interroger des expatriés canadiens. « Les ressortissants canadiens ont reçu la consigne de ne pas parler, d’étouffer l’affaire. »

Selon elle, la nouvelle de la disparition d’Édith Blais et de Luca Tacchetto a circulé dans les grands quotidiens burkinabés lundi, à une échelle plus modeste qu’au Canada. « Comme il y a eu une grosse attaque récemment à Yirgou, on parle surtout de ça. Mais il y a une inquiétude dans la population locale. Elle trouve que ce n’est pas bon pour son pays. Chez les expatriés, il y a une certaine inquiétude. On ne peut pas se déplacer partout. »

Sophie Douce raconte que la sécurité s’est dégradée rapidement depuis l’été, particulièrement dans l’est du Burkina Faso. Au contraire, la route entre Bobo-Dioulasso et Ouagadougou, que devait emprunter le couple, est réputée sécuritaire. « C’est une bonne route goudronnée, ce qui est rare ici. Elle est très passante. »

L’organisme Zion’Gaïa, du Togo, n’a pas voulu commenter la disparition des deux volontaires qui devaient lui prêter main-forte. « Nous sommes très touchés par la disparition d’Édith et Luca. Nous sommes très occupés sur notre projet. Nous ne souhaitons pas spécialement communiquer avec des journalistes autour de cette affaire », lit-on dans une réponse envoyée par courriel.

Enfin, le directeur général du Carrefour de solidarité internationale (CSI) de Sherbrooke, Étienne Doyon, affirme que l’aide humanitaire demeure très importante, précisant au passage qu’Édith Blais n’avait aucun lien avec son organisation. « Nous partageons l’inquiétude de la famille. »

Le CSI est toujours présent pour des projets de solidarité internationale au Mali, pays voisin du Burkina Faso, mais n’envoie plus de volontaires dans cet État. « On ne dit pas de ne plus y aller, mais quand on y va, il faut faire affaire avec des organismes crédibles. Ce qui est triste, c’est que les personnes les plus vulnérables vivent souvent dans des zones complexes où la situation de sécurité n’améliore rien. Mais cet élan de solidarité est très important. Il faut simplement évaluer sa propre tolérance au risque et après, faire son propre choix. L’ouverture à contribuer à un monde meilleur est importante. »

Sophie Douce