« On est épuisées. Les offres du gouvernement sont méprisables », déplorent les professionnelles en soins, qui se sont couchées au sol pour imager leur fatigue.
« On est épuisées. Les offres du gouvernement sont méprisables », déplorent les professionnelles en soins, qui se sont couchées au sol pour imager leur fatigue.

Les professionnelles de la santé «mortes de fatigue» [VIDÉO]

Les professionnelles en soins sont « mortes de fatigue » et veulent des vacances. C’est le message qu’elles ont laissé entendre, mercredi, devant l’Hôtel-Dieu de Sherbrooke.

« On est épuisées. Les offres du gouvernement sont méprisables. Les arrêtés ministériels, ça n’arrête pas, un en arrière de l’autre, toujours pour nous empêcher d’appliquer nos conventions collectives. On a besoin de répit. On a besoin de vacances. Trop de temps supplémentaire et de temps supplémentaire obligatoire. On n’en peut plus. Mortes de fatigue. On dort par terre », a lancé la présidente du syndicat des professionnelles en soins des Cantons-de-l’Est affiliées à la FIQ, Sophie Séguin, avant de se coucher sur le gazon, accompagné de quelques dizaines de professionnelles de la santé. 

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Mercredi, quelque 76 000 professionnelles de la santé ont pris part aux manifestations organisées aux quatre coins du Québec, selon la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ). « On veut être entendues par notre employeur, par le gouvernement. Depuis la COVID-19, nos droits sont encore plus bafoués. [...] Depuis la COVID-19, ce sont arrêtés par-dessus arrêtés qui décrètent nos conditions de travail », dit-elle, rappelant que les professionnelles ont des conventions collectives pour négocier leurs vacances et qu’elles ne souhaitent pas se les faire imposer par le gouvernement. 

« Laissez-nous parler à notre employeur local pour négocier », demande Mme Séguin, déplorant les « menaces à mots couverts » du gouvernement, concernant un arrêté ministériel qui limiterait le nombre de vacances, ce qui est « contraire à la convention collective locale ».

Mme Séguin rappelle que l’Estrie est moins touchée par le coronavirus, mais que des gens ont des horaires atypiques qui peuvent s’étendre sur 12 heures. « Il y en a qui ne travaillent même plus dans leur centre d’activités, qui ont été délestées. On veut regarder avec l’employeur la façon dont on pourrait leur donner un répit pour qu’ils puissent avoir des vacances. Les endroits où il n’y a pas de cas de COVID-19, pourquoi ne pas leur laisser la possibilité de se reposer pour qu’on puisse revenir en forme? On risque d’avoir une deuxième vague », analyse la présidente.

Sophie Séguin

« Le CIUSSS de l’Estrie-CHUS nous dit qu’il va appliquer les consignes du ministère. Depuis le début, le CIUSSS applique à la lettre l’ensemble des arrêtés ministériels », exprime Mme Séguin se disant inquiète. 

Advenant une deuxième vague au milieu de l’été alors qu’il y a beaucoup de vacances, est-ce que les professionnelles seraient prêtes? « On va s’adapter. C’est déjà prévu dans les arrêtés ministériels qu’on doit s’asseoir pour les vacances s’il y a une situation particulière. Donc d’ajouter un autre arrêté, c’est une insulte pour les professionnelles. »

Stéphanie Goulet, vice-présidente aux relations de travail à l’exécutif du SPSCE des Cantons-de-l’Est, dit sentir des signes de détresse psychologique chez ses collègues. « Les gens sont exténués, lessivés. Ils ont peur de perdre leurs vacances et de faire encore des heures supplémentaires. Il y en a qui n’ont pas vu leurs conjoints depuis des mois, sauf au travers d’une vitre », résume-t-elle. 

De son côté, le CIUSSS de l’Estrie-CHUS a refusé de commenter, mais dit être en étroite relation avec ses partenaires syndicaux, avec qui ils parlent plusieurs fois par semaine. « Nous sommes déjà en discussions avec eux au sujet des vacances estivales », précise l’organisation.