Les membres du Syndicat des professeures et professeurs de l'Université de Sherbrooke (SPPUS) ont été nombreux à se prononcer sur un mandat de grève jeudi soir lors d'une assemblée générale extraordinaire. Près de 80 pour cent d'entre eux ont voté en faveur d'une grève de 12 jours non consécutifs.

Les professeurs de l'UdeS votent pour 12 jours de grève

Réunis en assemblée générale extraordinaire jeudi soir, les membres du Syndicat des professeures et professeurs de l'Université de Sherbrooke (SPPUS) ont voté à 79,1 % en faveur d'une grève de 12 jours afin de faire pression sur leur employeur.
Parmi les 422 membres que compte le syndicat, 206 ont pris part au vote, ce qui représente un taux de participation de 48,9 %. Cinq d'entre eux se sont abstenus, 163 ont voté pour la grève et 38 s'y sont opposés.
« Les dates de la grève seront choisies par notre comité exécutif », indique la présidente du SPPUS, Dominique Lorrain, en précisant qu'il ne s'agit pas nécessairement de 12 jours consécutifs.
« C'est un appui important pour nous permettre de faire avancer la négociation qui piétine actuellement », ajoute-t-elle.
Lors de ces 12 journées de grève, les professeurs du SPPUS cesseront « certaines prestations de travail », dont l'enseignement, l'encadrement des étudiants et « tout ce qui est en lien avec la gestion académique ». La direction de l'UdeS et les professeurs seront avertis 48 heures à l'avance.
« On a encore des rencontres de fixées à la table de négociation, donc on va être capable de voir assez rapidement si on pense que ça va déboucher sur une entente, note Mme Lorrain. Un moment donné, si on voit qu'on n'arrive à rien, on retournera en assemblée générale pour faire état de la situation et voir si on doit accentuer les moyens de pression. »
Demandes
Leur convention collective étant échue depuis mars 2015, les professeurs du SPPUS réclament principalement une augmentation des ressources professorales afin de réduire leur charge de travail.
« Ça fait trois ans qu'on est pratiquement en gel d'embauche, de sorte qu'on demande d'avoir un plancher d'emploi à l'intérieur de la convention collective, explique Dominique Lorrain. On ne peut plus continuer à avoir un manque de ressources professorales comme on a actuellement. On a besoin de ressources pour pouvoir redistribuer de façon plus équitable les activités de travail et éviter l'épuisement des ressources en place, parce qu'on vit une surcharge de travail très importante depuis le début des compressions budgétaires. »
« On a coupé beaucoup de services et de soutien aux professeurs tout en augmentant la taille des groupes d'étudiants dans les classes. On a donc moins de professeurs, plus de travail, et notre échelle salariale est la même depuis 2014. (...) Ce sont donc des économies importantes que l'université fait sur le dos des professeurs depuis trois ans. »
Le syndicat demande également l'instauration de la parité avec ses collègues ingénieurs-professeurs (AIPSA) et l'application de la politique salariale du gouvernement (PSG).