Une menace de grève plane à l'Université de Sherbrooke.

Les professeurs de l'UdeS appelés à voter sur un mandat de grève

Les professeurs membres du Syndicat des professeures et professeurs de l'Université de Sherbrooke (SPPUS) seront appelés à se prononcer sur un mandat de grève, ce jeudi, lors d'une assemblée générale extraordinaire. « Ça piétine! » lance la présidente du SPPUS, Dominique Lorrain. La convention collective du SPPUS est échue depuis mars 2015.
La présidente du SPPUS, Dominique Lorrain.
Le SPPUS souhaite obtenir « un mandat de grève en appui à la négociation ».
« À un moment donné, il faut faire avancer les choses », note Mme Lorrain. Celle-ci a préféré ne pas s'avancer sur la proposition qui sera présentée aux membres.
« Le principal souci de la direction actuelle est de ''livrer des compressions'' en réponse aux commandes du gouvernement, sans égard à leurs effets dévastateurs sur la mission universitaire. Il faut faire pression sur la direction pour débloquer la situation (...) et conclure une nouvelle convention pour préserver l'université », peut-on lire dans un bulletin d'information envoyé aux membres.
Les principaux enjeux concernent notamment la réduction des ressources professorales.
« Il y a vraiment une réduction des ressources professorales, ce qui entraîne une surcharge de travail pour les professeurs... » Elle souligne qu'une augmentation de ces ressources est nécessaire pour maintenir la qualité de la formation.
Parmi les désaccords cités dans le bulletin d'information, le SPPUS cite un plancher d'emploi qu'il réclame, qui serait inscrit dans la convention collective afin de « garantir un niveau minimal de ressources ».
L'instance syndicale soutient également que le ratio EETP (étudiant en équivalence au temps plein) par professeur (membre du SPPUS) a augmenté de 8 % depuis 10 ans, « ce qui représente un déficit de 41 professeurs par rapport à 2004-2005. »
La direction de l'UdeS demande certains compromis aux professeurs du SPPUS en ce qui a trait aux avantages sociaux, dont la fin de l'exonération partielle des droits de scolarité. L'exonération des droits de scolarité prévoit le remboursement de 50 % des frais de scolarité d'un employé, de son conjoint ou de ses enfants.
Ces compromis figurent sur une liste de demandes faites aux professeurs du SPPUS en décembre 2014, alors que l'UdeS avait demandé des concessions à l'ensemble de ses employés afin de faire face aux compressions budgétaires imposées par Québec.
Des cibles financières avaient été fixées par groupe d'employés. L'UdeS voulait alors récupérer 6,5 % de la masse salariale du SPPUS, soit l'équivalent de 3,2 M$. Mme Lorrain estime que le syndicat a fait sa large part en cette matière, notamment avec des gels d'embauche. « Cet élément n'a jamais été reconnu (NDLR : dans la contribution attendue par l'UdeS)», soutient Mme Lorrain.
En ce qui concerne l'aspect salarial, le SPPUS demande l'application de la parité avec ses collègues ingénieurs-professeurs (AIPSA) et l'application de la politique salariale du gouvernement (PSG).
La direction de l'UdeS a préféré ne pas commenter. Juste avant Noël, le recteur adjoint Martin Buteau avait fait valoir que les deux parties n'étaient pas proches d'un règlement.
L'UdeS négocie actuellement avec plusieurs de ses syndicats, dont le SPPUS. Ces négociations ont lieu alors qu'un changement de direction aura lieu le 1er juin prochain, avec l'entrée en fonction d'un nouveau recteur ou d'une nouvelle rectrice.