Archives, La Tribune, Jessica Garneau
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Les professeurs appelés à se prononcer en assemblée

Les quelque 518 membres du Syndicat du personnel enseignant du Cégep de Sherbrooke (SPECS-CSN) seront appelés à se prononcer sur les critères de répartition des ressources lors d’une assemblée en février. Ils seront aussi consultés sur le renouvellement du mandat de la directrice générale, Marie-France Bélanger.

Selon la présidente du SPECS-CSN, Julie Dionne, les deux parties sont toujours en négociation sur ce point. L’établissement a mis en place un plan de résorption de la surembauche afin de rembourser 767 000 $ au cours des deux prochaines années, ce qui se traduit par l’équivalent de 8,6 enseignants à temps complet. 

« Il y a une chose sur laquelle on ne s’entend pas. La direction veut rentrer dans le cadre financier. C’est normal, ce sont des gestionnaires. Nous, comme il n’est pas suffisant pour faire le travail, on aimerait sortir de ces balises et dire au gouvernement qu’on n’y arrive pas et qu’on ne peut rembourser la surembauche sur deux ans (...) »

Ces discussions sont toujours en cours alors que les négociations pour le renouvellement de la convention collective des enseignants s’enclenchent également avec le gouvernement.

« On veut aller chercher plus de ressources, c’est hors de question qu’on signe une convention sans l’ajout de ressources », lance Julie Dionne. 

Le SPECS souhaite obtenir l’ajout de 15 professeurs lors du renouvellement de la prochaine convention collective. 

Surembauche

La surembauche s’explique notamment parce que « l’argent qui rentre ne correspond pas à tout ce que ça coûte », résume Mme Dionne. « Le gouvernement nous finance selon le nombre d’étudiants inscrits. On doit faire les prévisions en début d’année. » De plus en plus, les habitudes des étudiants changent : certains prennent moins de cours pour travailler, d’autres quittent. « Le comportement étudiant change en période de plein emploi. » Résultats : le Cégep embauche un nombre de professeurs à la rentrée, mais celui-ci doit parfois être revu à la baisse une fois l’année scolaire en cours. 

Quant au processus de renouvellement de mandat de la directrice générale, le SPECS déposera un bilan et rencontrera le comité chargé de s’occuper de ce dossier après avoir consulté ses membres.

Par ailleurs, le Cégep de Sherbrooke enregistre un surplus de 328 000 $ au 30 juin 2019. Ce résultat des états financiers ne tient cependant pas compte de l’enjeu de surembauche.

Le Cégep gère un budget de l’ordre de 67 M$. 

En 2015-2016, dans le contexte des compressions, l’établissement avait dû mettre en place un plan de redressement prévu se terminer en 2020-2021. La dette cumulée du fonctionnement est maintenant réglée. Le Cégep doit cependant toujours assumer la facture liée à la surembauche, comme le prévoit le plan demandé par Québec.

« Il y a quelque chose qui est structurel là-dedans qu’il faudra régler dans la prochaine convention. On n’est pas les seuls. Il y a des cégeps plus affecté que d’autres par la nouvelle formule de financement des ressources enseignantes qui a en partie causé le problème de surembauche », commente Marie-France Bélanger.