Les pompiers de Sherbrooke prêts à intervenir

Le Service de protection des incendies de la Ville de Sherbrooke (SPCIS) s'attend à être appelé en renfort dans la crise des inondations qui secoue une bonne partie du Québec.
Danny Robitaille
Le SPCIS pourrait être jumelé à une municipalité touchée pour épauler ses équipes de soutien à la population dans un avenir rapproché, mentionne Danny Robitaille, chef de la division de la gestion des risques.
« Je sais que l'union des chefs de pompiers en mesure d'urgence est à créer une banque d'expertises des municipalités québécoises et c'est fort possible que Sherbrooke y soit », mentionne M. Robitaille.
« Nous nous attendons à être contactés éventuellement. Si c'est le cas, nous allons certainement accepter d'aller aider. Nous évitons de contacter les municipalités, car leurs personnels sont au travail. »
Lundi matin, on estimait que près de 150 municipalités, dont plusieurs des régions de Montréal, Gatineau et Trois-Rivières, ont vu le niveau de rivières augmenter dramatiquement au cours des derniers jours. Certaines d'entre elles ont décrété l'état d'urgence. On a dû procéder à des évacuations massives.
Avec les années, les pompiers de Sherbrooke ont développé une bonne expertise en ce qui concerne l'intervention en cas d'inondation, notamment en raison des débordements de la rivière Saint-François au centre-ville. Les autorités interviennent selon des niveaux d'alerte qui augmentent au rythme de celui de la crue de la rivière au centre-ville. Par exemple, on enclenche la préalerte quand la rivière se montre menaçante, soit 17 pieds. Les premières évacuations des résidants et de certains commerçants commencent à 19 pieds au centre-ville. À 20 ou 21 pieds, on commence à évacuer plus de riverains.
L'équipe des mesures d'urgence des pompiers de Sherbrooke comprend assez de personnel pour déléguer éventuellement quelques-uns de ses membres auprès de la municipalité qui pourrait être jumelée à Sherbrooke, ajoute M. Robitaille.
« Nous sommes à la disposition des gens et nous aiderons du mieux que nous le pouvons », mentionne Danny Robitaille. « Nous avons une équipe complète et nous pourrons intervenir au besoin. »
« Nous suivons régulièrement l'évolution de la situation dans les zones inondées. Il faut être aux aguets. Nous sommes prêts. »
Nul doute qu'on fera un post mortem des mesures mises en place lors de cette crise des inondations et qu'on pourra examiner les bonnes et moins bonnes décisions prises par les autorités, note-t-il.
Danny Robitaille fait remarquer
que la région estrienne a été relativement épargnée par les inondations ce printemps, comparativement aux secteurs envahis par l'eau actuellement. « Nous n'avons pas reçu de pluies très importantes comme dans les autres régions inondées », dit-il.
« Nos rivières pouvaient absorber une crue supplémentaire. »
L'Estrie en doit une au courant-jet
L'Estrie doit au courant-jet le fait d'avoir été épargnée comparativement à d'autres régions. Les vents en altitude ont gardé les systèmes météo pluvieux sur l'ouest du Québec. La dépression a fait du surplace et déversé sa pluie au même endroit, explique Jean-Philippe Bégin, d'Environnement Canada.
« On appelle ça une situation de blocage, dit le météorologue. La dépression ne se déplace que très lentement. »
« Ce phénomène fait que l'Estrie est située au sud de la trajectoire. Les montagnes ont aussi aidé la région à ne pas être aussi touchée par les systèmes. On peut dire qu'elle est restée dans l'ombre de la tempête. »
Par la suite, la région a été recouverte d'un dôme d'air froid qui a fait chuter les températures.