Le Service de police de Sherbrooke compte 253 policiers en plus de quelques policiers temporaires.

Les policiers demanderont plus de ressources

L’Association des policiers et policières de Sherbrooke (APPS) demandera vraisemblablement une augmentation des effectifs policiers lors du renouvellement de sa convention collective l’an prochain. Sans déplorer un manque criant de ressources, son président, Éric B. Beaudoin souligne un épuisement de plus en plus perceptible chez ses collègues de travail.

La semaine dernière, un propriétaire de trois immeubles au centre-ville déplorait l’inaction des services policiers pour les transactions de drogue qui surviennent dans son quartier. Aux plaintes qu’il a déposées, on aurait répondu que le trafic de drogue au centre-ville était connu, mais que les effectifs n’étaient pas suffisants pour y intervenir en priorité. Ce manque de ressources est-il perceptible aux yeux de l’APPS?

« Nous prendrions toujours plus de policiers, mais en même temps, on ne peut pas être partout à la fois. D’un autre côté, quand on réclame des effectifs, on nous répond que ça ne rapporte pas d’investir dans le service de police. On nous a souvent servi des propos selon lesquels la criminalité est en baisse, mais c’est plutôt le contraire. La complexité des interventions a aussi augmenté, si bien que nous prenons plus de temps pour chaque intervention », explique M. Beaudoin.


« Certains commencent à souffrir du manque de ressources. »
Éric B. Beaudoin

Le syndicat est bien conscient que la direction n’est pas à blâmer pour l’alourdissement des tâches de travail. « Est-ce qu’on devrait mettre ça sur le dos de notre directeur? Assurément pas. C’est sûr que comme président de syndicat, je prendrais plus de monde parce que nous pourrions intervenir plus efficacement, notamment aux renseignements criminels, à la sécurité des milieux et chez les enquêteurs. Mais le nombre de policiers n’est peut-être pas la seule solution et nous sommes ouverts à l’amélioration continue. Nous faisons moins de temps supplémentaire qu’avant, mais nous en faisons encore. Il faudrait donc s’asseoir et regarder si nous avons tous les effectifs nécessaires. »

Il s’agira donc vraisemblablement d’une demande syndicale l’an prochain, alors que la convention collective vient à échéance le 31 décembre 2019. Le syndicat avance qu’il sera prêt à négocier dès le début de l’été, l’an prochain.

Éric B. Beaudoin craint surtout que ses collègues tombent malades. « Certains commencent à souffrir du manque de ressources. Beaucoup restent au travail de peur d’être jugés par leurs collègues alors qu’il y a une recrudescence de gens qui viennent me voir pour me dire qu’ils sont épuisés. Nous nous sommes rendu compte que des gens partaient en congé de maladie et que c’était en raison de leur travail. Il faut aussi penser que les policiers voient des images qui sont difficiles à oublier. Ils composent avec des gens en détresse. Il y a une charge émotive importante. Le type de travail que nous faisons demande du temps. Peut-être que le travail a changé, aussi, avec les problématiques de santé mentale. »

M. Beaudoin rapporte que le nombre d’enquêteurs n’a jamais augmenté depuis son entrée en poste en 2000. « La tâche a pourtant doublé. Nous avons d’ailleurs ramené le GPS, le Groupe police soutien dans lequel dix policiers sont formés pour soutenir leurs pairs. »

Le Service de police de Sherbrooke compte 253 policiers en plus de quelques policiers temporaires.