Les policiers de Sherbrooke prêts au port de caméras corporelles

René-Charles Quirion
René-Charles Quirion
La Tribune
 « Je porterais une caméra sur mon uniforme demain matin sans aucun problème. »

Le président de l’Association des policières et policières de Sherbrooke (APPS), Éric B. Beaudoin, soutient qu’il ne verrait pas d’un mauvais œil que le travail de ses confrères ou de lui-même soit filmé.

Le premier ministre du Canada Justin Trudeau s’est dit ouvert, lundi, à l’idée d’équiper la Gendarmerie royale du Canada (GRC) ainsi que tous les corps policiers au pays de caméras corporelles pour prévenir les abus.

« Je travaille tous les jours comme si j’étais filmé. Ça ne changerait rien au professionnalisme qu’un policier doit adopter en tout temps. Je serais prêt n’importe quand à une telle mesure parce que je suis convaincu de notre professionnalisme comme policiers », soutient Éric B. Beaudoin.

Le président de l’APPS rappelle que le sujet d’équiper les policiers de Sherbrooke a déjà été discuté.

« C’est un projet qui coûte très cher. Il y a ces normes à respecter et surtout ces images doivent être conservées pour répondre aux normes déontologiques. Ces images deviennent en quelque sorte le chien de garde des actions des policiers », indique Éric B. Beaudoin.

Il signale que dans une certaine mesure, les caméras corporelles pour les policiers pourraient même être bénéfiques pour témoigner des interventions complètes des policiers.

« Nos interventions sont régulièrement filmées par des citoyens qui diffusent que des extraits d’une intervention. Replacée dans son contexte, une façon d’intervenir peut être tout à fait justifiée et il faut l’ensemble d’une intervention pour l’interpréter », estime le président de l’APPS.

Éric B. Beaudoin garde en très haute estime la formation que ses confrères policiers de partout au Québec ont reçue.

« Nous avons une formation extraordinaire à l’École nationale de police du Québec. Ce n’est pas le cas partout aux États-Unis. Lorsque j’étais à l’école de police, je me souviens que des représentants du FBI et de la Suisse étaient venus visiter nos installations. La formation policière est un modèle à travers le monde », avance Éric B. Beaudoin.

En plus de l’éventail d’outils d’intervention en gradation de la force, le SPS dispose aussi d’un programme à l’interne où chaque policier veille sur les autres.

Selon lui, les confrères du policier qui a gardé son genou dans le cou de George Floyd à Minneapolis jusqu’à suffocation mortelle auraient dû intervenir.

« Quelqu’un aurait dû le tasser. Au SPS, nous avons les outils pour réduire au maximum les chances qu’une telle situation se produise », signale le président de l’APPS.