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Le conseil municipal a confirmé lundi que la Ville rapatriait la gestion des parcs industriels.
Le conseil municipal a confirmé lundi que la Ville rapatriait la gestion des parcs industriels.

Les parcs industriels relèveront de la Ville

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
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C’est confirmé : la Ville de Sherbrooke rapatrie la gestion des parcs industriels. Les élus ont entériné du même coup, lundi, la création de trois postes au sein de l’appareil municipal pour assumer cette nouvelle responsabilité. La démarche s’inscrit dans la nouvelle gouvernance en matière de développement économique. La création d’un bureau des événements a pour sa part été reportée en 2021.

Trois élus se sont opposés à la réforme proposée : Marc Denault, Paul Gingues et Pierre Tremblay. 

La coprésidente du comité de développement économique, Annie Godbout, a résumé les objectifs de la réforme. « Ce qu’on veut réaliser, c’est tout l’arrimage, la cohésion, le rôle de pivot qu’on doit jouer avec nos différents services. Avant, on arrivait seulement au bout de la démarche. Il y a eu des problématiques où il y a eu des ventes de terrains où l’expropriation n’était pas terminée. On veut faire moins de rattrapage et être davantage dans l’action. Tout le rôle d’accompagnement va continuer avec Sherbrooke Innopole. » 

Mme Godbout estime que la Ville se devra de gérer la pénurie de terrains industriels en planifiant et en négociant les terrains, mais aussi en faisant la veille des programmes gouvernementaux auxquels Sherbrooke pourrait avoir droit. « On veut avoir des tableaux de bord sur la disponibilité de terrains et une meilleure connaissance des locaux vacants pour mieux aider les entrepreneurs. On veut pallier à des faiblesses que nous avons à la Ville de Sherbrooke. » 

Sherbrooke devrait donc avoir un plan d’action en matière de terrains industriels et pourra ainsi mieux gérer le développement d’une zone d’innovation. « Ce sera un bon défi. Nous aurons besoin de ces ressources. »

Le maire Steve Lussier a qualifié la réforme d’historique. « On exerce notre leadership en matière de développement économique pour transformer les organismes de développement économique positivement. Nous ne perdrons pas de vue les objectifs de créer plus de richesses économiques et sociales sur tout le territoire. On va placer l’entrepreneur au cœur des interventions. »

Paul Gingues

Contre la création de postes

D’un côté, les opposants craignent toujours un alourdissement des structures. C’est le cas de Paul Gingues, qui trouve que la Ville agit trop vite. « La réaction du milieu des affaires confirme mes appréhensions qu’il en coûtera plus cher pour la gestion des terrains industriels pour moins d’efficacité. Les entrepreneurs aiment parler avec des entrepreneurs. Je ne vois pas ce que des fonctionnaires vont contribuer à améliorer. »

Pierre Tremblay, lui, en a contre la création de postes. « Je confierais la vente des terrains industriels à un courtier immobilier spécialisé dans le secteur commercial et industriel. Ils travaillent avec une commission sur le prix de vente. On ne parle pas d’un employé permanent avec le fonds de pension qui va avec. » 

Marc Denault aurait souhaité un sommet économique pour consulter les intervenants du milieu qui seront touchés par cette réforme. Il approuve toutefois le rapatriement de la vente de terrains industriels : « Il faut s’assurer de les vendre à juste prix. »

Le prix des terrains semblait aussi un enjeu pour Danielle Berthold. « Je ne comprenais pas que des terrains se vendent pas cher le long de l’autoroute alors que c’est là qu’on offre la plus belle vitrine. Ces terrains auraient dû se vendre deux ou trois fois plus cher. À partir de ce moment, je trouvais difficile qu’une Ville qui vise la prospérité parle que ça ne vaut pas plus cher au bord d’une autoroute que dans le bout d’un chemin. » 

Danielle Berthold

Crédits de taxes

Évelyne Beaudin parle pour sa part d’un « fiasco » dans la gestion des crédits de taxes accordés aux entreprises. « Il va de soi qu’il y a eu dérapage, un fiasco même, dans la gestion des crédits de taxes. Sherbrooke Innopole a certainement une part de responsabilités là-dedans et son C.A. où le maire a siégé depuis le début du mandat aussi. Il est normal que la Ville s’occupe des terrains industriels parce qu’ils lui appartiennent. »

Claude Charron a nuancé : Sherbrooke Innopole présentait toujours les ventes de terrains au conseil avant de procéder. 

Pierre Avard reconnaît aussi un problème avec les crédits de taxes, puisque la Ville a dû hausser le plafond des crédits accordés. « Pour la gestion des terrains, effectivement, il y a eu des problèmes avec les crédits de taxes. Quand on oublie 28 M$ et que c’est ça qui était le maximum prévu, il y a un problème. »

Julien Lachance a un malaise avec l’ajout de personnel mais se rallie en souhaitant un arrimage avec Sherbrooke Innopole.

Rémi Demers indique, lui, que les élus voulaient un modèle hybride avec les organisations paramunicipales et juge la nouvelle formule courageuse et audacieuse. Sa collègue Chantal L’Espérance parle d’une cohérence avec les décisions prises en début de mandat et d’une plus grande cohésion entre les organismes de développement économique. « Quand on internalise des responsabilités, pour moi, il est normal que ça vienne avec des ressources. » 

Elle voudrait toutefois éviter que l’économie sociale soit laissée de côté.

Rémi Demers

Nicole Bergeron ne comprend pas qu’on juge la réforme trop rapide considérant que le dossier a fait l’objet d’une dizaine de présentations aux élus depuis 2018. Elle répond à Marc Denault « en avoir plein [son] casque des sommets ». « À moment donné, on va tu les prendre nos responsabilités? On est là pour décider et avancer. Il faut faire ce pas-là pour évoluer. »

Elle rejette aussi l’idée de Pierre Tremblay de faire appel à courtier immobilier, ce que le principal intéressé n’a pas apprécié. 

« Vous prenez plus la défense des fonctionnaires que de vos propres collègues », a-t-il accusé Mme Bergeron.

« Encore une fois, vous prouvez que vous n’êtes pas capable de respecter le décorum », a rétorqué la présidente du conseil.