La coalition syndicale derrière les pancartes anti-CAQ et anti-PLQ assure qu’elle continuera de défendre sa position et refuse de payer les amendes, mais elle ne remettra pas les affiches retirées cette semaine par la Ville.

Les pancartes ne reviendront pas à Sherbrooke

La Ville de Sherbrooke maintient la ligne dure envers la coalition syndicale qui avait installé des pancartes anti-CAQ et anti-PLQ aux quatre coins de la ville. De son côté, la coalition syndicale assure qu’elle continuera de défendre sa position et refuse de payer les amendes, mais elle ne remettra pas les affiches retirées cette semaine par la Ville.

À Québec, la coalition a choisi de distribuer des cartes postales portant le même message que les pancartes, également retirées par la Ville. À Sherbrooke, la coalition souhaite s’en tenir seulement aux pancartes. 

« Il y a le camion avec une immense affiche qui se promène un peu partout, qui viendra aussi à Sherbrooke. Mais le moyen le plus économique et efficace, c’est l’affichage électoral. On ne remettra pas d’affiches, il faut savoir doser. On l’a fait et il reste six jours avant la campagne », affirme le directeur du SCFP-Québec et porte-parole de la coalition, Marc Ranger.

La coalition ne répondra donc pas au retrait des affiches, mais elle ne se taira pas durant la campagne électorale qui commencera le 23 août. Le message qu’elle souhaite passer sera discuté de toutes les manières possibles. D’ailleurs, Marc Ranger rencontrera bientôt le Directeur général des élections du Québec pour s’assurer de ce qu’il a le droit de faire durant les élections et ce qui lui est interdit, afin de bien respecter la loi.

Discussion souhaitée

Même si la coalition ne réagira pas au retrait des pancartes par d’autres moyens promotionnels, elle souhaite tout de même rencontrer la Ville de Sherbrooke afin de faire valoir son point de vue.

À Laval, les pancartes ont été enlevées graduellement par la Ville. Avant le retrait complet, celle-ci a accepté de rencontrer la coalition syndicale afin de discuter des règlements municipaux en place concernant l’affichage. 

« Je fais le parallèle avec la Ville de Laval, où j’ai eu une rencontre de deux heures et demie. On était en mode collaboration. La Ville nous a assurés que, dorénavant, ce type d’affichage sera permis. Il y avait une belle ouverture. Ce dialogue-là, on aurait aimé l’entreprendre avec la Ville de Sherbrooke », explique M. Ranger.

M. Ranger souhaite donc une révision de la réglementation de la Ville de Sherbrooke, qu’il juge « à l’encontre de la Charte des droits et libertés », le maire de Sherbrooke Steve Lussier avoue d’ailleurs qu’il y a peut-être quelques ajustements à faire dans la formulation.

« J’ai rencontré les affaires juridiques et, s’il y a de l’amélioration à apporter, on va la faire. Il y a peut-être certaines lacunes par rapport à nos règlements, mais on va s’ajuster, c’est certain », précise le maire.

La Ville de Sherbrooke voulait par contre lancer un message clair. « C’est un choix qu’ils avaient fait d’installer ces pancartes, nous on ne pouvait pas laisser ça là. Si je le permets à eux, il va y avoir d’autres organisations auxquelles je vais devoir dire oui », explique M. Lussier

Amendes

Chose certaine, la coalition syndicale souhaite défendre la liberté d’expression et contestera les amendes. 

« Selon notre procureur, c’est un règlement qui n’a pas de chance de passer la barre des tribunaux parce qu’il ne permet pas l’affichage d’opinions, soutient M. Ranger. Sur le plan juridique, on est très à l’aise. La Ville de Sherbrooke a décidé de faire un certain spectacle en nous envoyant les amendes maximales, mais c’est sûr qu’on est ouverts à une rencontre », assure M. Ranger.

Seulement 80 % des pancartes ont été retirées à Laval tandis qu’à Québec, il n’en reste aucune. La Ville de Montréal a quant à elle permis l’affichage. Les différentes villes ont utilisé plusieurs manières pour gérer la situation. Les deux seules villes ayant employé la voie judiciaire sont Québec et Sherbrooke.