Rébecca Jeanson, coordonnatrice générale du Groupe régional d’intervention sociale de l’Estrie (GRIS).

Les organisations LGBTQ + estriennes unies pour un meilleur financement

Les organisations LGBTQ + de l’Estrie unissent leurs voix et réclament un financement adéquat afin de pouvoir mener leur mission.

Ces organismes estriens œuvrent auprès des personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles, trans et queer (LGBTQ +).

« On est des organismes à mandat régional; c’est devenu ardu de répondre à la demande en raison de la grandeur du territoire (...) Les besoins de la communauté sont criants. L’homophobie et la transphobie font des ravages tous les jours en région. Vous ne pouvez pas vous imaginer les histoires d’horreur que l’on entend », a souligné Claudia Pâquet, directrice générale par intérim d’IRIS Estrie, un organisme qui a notamment pour mission de prévenir le VIH et les ITSS (infections transmises sexuellement et par le sang).

L’ignorance et la méconnaissance sont la cause principale de l’homophobie et de la transphobie, indique Rébecca Jeanson, coordonnatrice générale du Groupe régional d’intervention sociale de l’Estrie (GRIS). Or, l’organisme qui multiplie les interventions auprès des jeunes a du mal à répondre à toutes les demandes.

Le GRIS Estrie a pour objectif de faire connaître la réalité des personnes de la minorité sexuelle et de genre, et de les aider à s’intégrer dans la société. L’organisme rencontre les jeunes dans les écoles et les maisons de jeunes, notamment pour faire de la démystification. Il doit refuser des demandes ou encore faire appel au GRIS Montréal afin de l’aider. « On part de Granby et on va jusqu’à Lac-Mégantic. »

« Un seuil plancher »

Outre le GRIS et IRIS Estrie, on retrouvait également le Groupe d’action trans de l’Université de Sherbrooke (GATUS), et Fierté Sherbrooke Pride.

Des quatre organisations, seul le GRIS Estrie reçoit un financement récurrent, soit une somme annuelle de 20 000 $.

« Ce financement n’est pas du tout adéquat. On réclame un financement récurrent, qui correspond à peu près à dix fois ce que l’on a actuellement. Ce n’est pas un chiffre inventé. C’est un seuil plancher qui a été établi par le regroupement des organismes du Québec, qui a analysé les organismes comme le nôtre », explique Mme Jeanson.

« On réclame un financement récurrent et adéquat, parce qu’on a seulement un financement de 5000 $ pour faire toutes nos activités et d’offrir tous les services à la population trans de l’Estrie », indique Séré Beauchesne Lévesque, responsable à la coordination et porte-parole du GATUS. Les demandes de service ont rapidement débordé des frontières de l’UdeS.

Fierté Sherbrooke Pride sera officiellement créé lors de son assemblée générale de fondation qui aura lieu dimanche. « Cela fait sept ans que Fierté Sherbrooke Pride lutte pour sa survie. Puisque nous devons trouver environ 20 000 $ par année pour organiser l’événement Fière la fête, nous ne pouvons jamais garantir qu’il y aura une prochaine édition », commente le coordonnateur de Fierté Sherbrooke Pride, Cédric Champagne.

Les organisations ont fait leur sortie publique en marge de Fière la fête — Fierté Sherbrooke Pride. L’événement se poursuit jusqu’à ce dimanche.