Le directeur du SPS Danny McConnell
Le directeur du SPS Danny McConnell

Les opérations policières sont passées en mode COVID-19

Les habitudes de travail au Service de police de Sherbrooke ont changé de façon importante lors de la pandémie de la COVID-19.

« Lorsque nous sommes tombés en mesure d’urgence, nous n’avions aucune référence. Nous avons écrit le livre des actions à prendre. Nous avions développé quelques principes en 2009 avec la H1N1, mais nous sommes partis pratiquement de zéro. Nous avons été très proactifs », souligne le directeur du SPS, Danny McConnell.

Dès le 13 mars, le Service de police de Sherbrooke a établi un poste de commandement dans le quartier général de la rue Maurice-Houle.

Sur les écrans du centre opérationnel de mission, l’inspecteur à la surveillance du territoire Patrick Roy suivait en simultanée les informations télévisées sur la situation de la pandémie, la liste des appels entrants au SPS, les caméras de surveillance du territoire ainsi que l’écran de son propre ordinateur.

Derrière lui se trouvait un tableau avec les principales stratégies à déployer en ressources humaines, en ressources matérielles ainsi qu’en matière d’opération tout juste à côté des règles de prévention liées à la COVID-19 ainsi que ses symptômes.

« Nous avions trouvé une façon de bloquer la porte avec un petit bureau afin que les policiers puissent garder contact avec nous, mais à distance. J’ai passé beaucoup d’heures ici au cours des dernières semaines », témoigne Patrick Roy.

Dans un coin du local, un plan avec tous les accès routiers de Sherbrooke était affiché au cas où la situation nécessite la fermeture de la ville.

« Nous n’avons jamais eu besoin de nous rendre à cette étape. Nous avons été assez agressifs dans les mesures préventives mises en place et la population a bien respecté les consignes afin d’éviter la propagation », indique l’inspecteur Patrick Roy.

Le SPS a déployé ses interventions en deux volets soit les mesures à prendre pour la protection de la population et celles pour protéger l’organisation.

Lors de cet état d’urgence qui a été levé le 20 juin dernier, l’état-major disposait alors du pouvoir d’imposer des quarts de travail de 12 heures pour limiter les chevauchements et de refuser des congés

Les méthodes de travail ont été modifiées sur le plan opérationnel.

La patrouille en solo a été l’une des premières mesures mises en place afin d’assurer la distanciation.

Les véhicules de patrouilles étaient désinfectés chaque jour.

Trente-sept policiers, soit environ six policiers par équipe, ont été dotés de masques à gaz de l’unité de contrôle de foule pour intervenir sur les cas de personnes infectées à la COVID-19. Le SPS est intervenu lors de 1184 appels liés au coronavirus, soit une dizaine par jour.

« Nous avons trouvé une solution au manque de masques N-95. Les masques P-100 filtrent les particules à 99,7 pour cent. Les policiers de l’escouade COVID portaient aussi un survêtement ainsi que des gants. Lorsque nous avions un soupçon qu’une personne était infectée lors d’une intervention, cette escouade était déployée», mentionne Patrick Roy.

Le SPS a aussi favorisé la prise de plaintes par téléphone et mis en place un site web pour les plaintes liées au coronavirus. Un total de 1190 rapports a été pris par téléphone.

La moitié de la division des enquêtes criminelles et le personnel-cadre sont passés en télétravail.

« Il y avait une alternance. Nous voulions limiter les contacts afin d’éviter la contamination », indique Danny McConnell.

Les policiers de la division de sécurité des milieux ont été réassignés aux appels des citoyens étant donné que les écoles étaient fermées et que les activités de prévention devenaient impossibles.

« Les gens ne voulaient pas nécessairement voir les policiers étant donné les craintes de contamination. Nous avons même développé une procédure lors d’infraction au code de la sécurité routière pour respecter les règles de distanciation lors des interceptions », mentionne l’inspecteur à la surveillance du territoire.

Sans être complètement épargné, le nombre de policiers infectés à la COVID-19 s’est limité à un seul cas sur les 14 personnes qui ont été testées.

« Dans notre plan de contingence, on s’attendait à 30 pour cent de contamination. Nous étions prêts, mais heureusement, nous n’avons pas eu besoin de nous y rendre », mentionne le directeur du SPS qui mentionne que certaines pratiques opérationnelles développées lors de la crise de la COVID-19 pourraient être conservées.

Si le SPS était submergé par les appels liés à la COVID-19 entraînant une hausse de 35 pour cent des cartes d’appels, les opérations de surveillance au Code de la sécurité routière, les accidents et même certains types de crimes ont chuté de façon importante.

Les accidents avec blessé ont baissé de 65 pour cent. Les vols à l’étalage et les introductions par effraction ont aussi diminué de 56 pour cent.

« Il y avait beaucoup moins de monde dans les rues et les gens restaient à la maison », indique le directeur du SPS.

Le SPS a noté une hausse de six pour cent des interventions pour les cas d’état mental perturbé.  Danny McConnell met cependant un bémol sur les diminutions des interventions de 15 pour cent en matière de violence conjugale et de 33 pour cent des agressions sexuelles.

« Nous aurons un portrait plus juste avec le déconfinement. Avec la fermeture des écoles notamment, certains crimes étaient peut-être moins dénoncés », indique Danny McConnell.