Le stationnement Magog, vendu à Custeau Groupe Immoblier, compte 56 cases.

Les musées ignoraient que le stationnement Magog serait vendu

Le directeur du Musée d’histoire de Sherbrooke et la directrice du Musée des beaux-arts ignoraient que le stationnement Magog serait vendu par la Ville. Sans s’en offusquer outre mesure, ils espèrent qu’on trouvera un moyen d’offrir des cases de stationnement à proximité de leurs établissements.

Michel Harnois, au Musée d’histoire, admet avoir appris la nouvelle en lisant le journal. « Je ne suis pas en mesure de dire s’il y aura un impact pour nos visiteurs. Nous avons un stationnement gratuit et, quand il déborde, je ne sais pas nécessairement où les gens se dirigent. Il reste que le stationnement Magog était visible et à proximité pour ce genre de situation. »

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Ce sont 56 places de stationnement tarifées qui disparaîtront avec la vente du terrain à Custeau Division Immobilière pour les besoins de l’agrandissement de l’entreprise CGI. Quatre élus, dont le conseiller Paul Gingues, ont voté contre cette vente mardi en évoquant un malaise devant la rapidité à laquelle le dossier devait être traité.

Sans prendre position, M. Harnois comprend le malaise de M. Gingues. « On peut penser que les visiteurs pourraient être réticents à marcher jusqu’à nous à partir du stationnement de la Grenouillère. Quand je veux visiter un musée, si je dois me stationner à quatre coins de rue de l’établissement, il est possible que ça me décourage. Le stationnement Magog avait l’avantage d’être proche et il est évident que nous ne cracherions pas sur des cases à proximité. »

Maude Charland-Lallier, du Musée des beaux-arts, ne savait pas non plus qu’on comptait vendre le stationnement utilisé à l’occasion par sa clientèle. « Notre stationnement est petit. Nos visiteurs se garaient donc aussi au stationnement Magog et sur la rue Frontenac. On nous avait dit que nous n’aurions pas accès au stationnement pour le temps de travaux, mais pas qu’il pouvait être vendu. Il faudrait penser à une autre solution pour remplacer ce site. Des visiteurs n’auront aucun problème à marcher plus, mais ça peut poser problème pour ceux à mobilité réduite. »

Mme Charland-Lallier évoque la possibilité de consacrer des cases gratuites exclusivement à l’usage du musée au stationnement de la Grenouillère.

Planification

Chez les commerçants, la copropriétaire du Liverpool, Annie Faucher, place toute sa confiance dans les fonctionnaires de la Ville, mais prévient qu’il faut éviter de manquer de planification. « D’ici deux ans, il y aura l’arrivée des employés d’EXP et l’ajout des deux tours sur la rue Wellington Sud. Est-ce qu’on va encore manquer de place dans 20 ans? Déjà, en décembre, je remplis le stationnement de la rue du Dépôt à moi toute seule. Si dans dix ans il faut recommencer, ce ne sera pas du développement durable.

« J’espère juste qu’on va réfléchir avant d’enlever trop de stationnements. Le transport collectif, c’est beau, mais la circulation automobile augmente d’année en année. Je n’ai rien contre la vente de ce stationnement pour un projet particulier, mais il faut penser à d’autres alternatives. Il sera peut-être temps de se rasseoir pour parler de la politique du stationnement. »

Lors de la séance d’information sur le projet du Quartier Well Sud, on relevait que le centre-ville compte 11 700 cases de stationnement, dont 2500 sont publiques et 1750 sont tarifées. Le nouveau stationnement étagé de la rue du Dépôt doit compter 715 espaces pour des véhicules standards, 18 espaces pour des motocyclettes et 55 espaces pour des vélos. Le stationnement du Dépôt actuel compterait 192 cases.