Marc Lachance, du Club de motoneige Harfang de l’Estrie, demande à la Ville de reconsidérer sa position concernant l’accès des motoneigistes à la zone urbanisée.

Les motoneigistes veulent un accès aux hôtels et restaurants

Le Club de motoneige Harfang de l’Estrie demande à la Ville de Sherbrooke de reconsidérer sa décision d’interdire aux motoneigistes d’accéder aux hôtels et restaurants situés le long de la rue King Ouest en traversant le parc industriel. Au conseil municipal lundi, un des membres du club, Marc Lachance, a défendu les avantages économiques à permettre aux motoneigistes d’accéder à la zone urbanisée.

En 2014, il avait été établi que les motoneigistes ne pourraient plus circuler sur les rues de la Burlington, Don-Bosco Sud, J.-A. Bombardier et Marconi entre le sentier multifonctionnel et la rue King Ouest. S’ajoutaient aussi la circulation le long du ruisseau Lyon, le sentier multifonctionnel entre l’autoroute 410 et la rue de la Burlington, le parc industriel régional de Sherbrooke et la traverse des boulevards de Portland et Industriel.

« En 1987, le club de motoneige de l’Estrie a ouvert le sentier menant au parc hôtelier de Sherbrooke. Pendant 28 ans, nous avons circulé sur ce sentier sans causer de problème tout en apportant un apport économique aux commerçants et hôtels du secteur. Deux congrès provinciaux de la Fédération des clubs motoneigistes du Québec (FCMQ) ont été organisés au Delta », résume M. Lachance.

Selon lui, une des raisons de l’interdiction du passage des motoneigistes repose sur le fait que la piste cyclable est asphaltée. « Il y a beaucoup d’endroits au Québec où les motoneigistes utilisent les pistes cyclables asphaltées, souvent mixtes avec les piétons, avec une signalisation adaptée. [...] Lors du surfaçage d’une piste cyclable, la neige est compactée au sol et non retirée pour protéger le réseau. Près de 80 % des motoneigistes possèdent des roues sur les skis qu’ils peuvent activer afin de pouvoir circuler sur une surface non enneigée.

« Nous demandons à la Ville de Sherbrooke de nous redonner l’autorisation d’utiliser l’ancien tracé afin de nous rendre dans un premier temps dans l’hôtel Quality Suites pour enfin donner un service d’hébergement et de restauration à nos membres. Ce tracé est 75 % sur l’emprise du MTQ et utilise seulement 100 m de la piste cyclable derrière le IGA. BRP, qui s’est établi sur le site de l’ancien hôtel Le Baron, supporte la réouverture de ce sentier. [...] Nous croyons que cette décision sera bénéfique pour la communauté. Le MTQ nous a assuré de son support pour l’aménagement de la traverse de la route 220 située près de l’autoroute 10 si la Ville de Sherbrooke est favorable à la réouverture du sentier. »

Le Club de motoneige Harfang de l’Estrie souhaite accueillir dans un avenir rapproché le congrès de la FCMQ, qui attire 600 personnes pendant trois jours, à condition que les services d’hébergement et de restauration soient offerts aux motoneigistes.

Marc Lachance rapporte qu’une étude de Tourisme Québec menée en 2012 évaluait à 27 M$ les retombées économiques liées aux activités des 14 clubs de motoneige en Estrie.

M. Lachance avance que Sherbrooke est la seule parmi les villes importantes à n’offrir aucun service d’hébergement et de restauration aux motoneigistes.

La présidente du conseil municipal, Nicole Bergeron, a indiqué que le dossier serait étudié avec les autorités concernées. « Du point de vue du développement touristique et du développement économique, nous ne sommes pas contre ça. Cependant, il faut aussi regarder les enjeux de sécurité. »

Danielle Berthold a mentionné que le comité de la sécurité publique, qu’elle préside, commencera à étudier la question en septembre. 

La conseillère Annie Godbout invite ses collègues à ne pas perdre de vue que la motoneige est née en Estrie. « Plusieurs emplois sont liés à l’industrie de la motoneige. Il est important de réfléchir pour trouver une solution qui répondrait à cette importante industrie. »

Le maire Steve Lussier abondait dans le même sens. « Nous sommes à l’écoute. »