Richard Painchaud s'inspire de l'organisation d'autres quartiers de minimaisons pour imaginer celui de Sherbrooke.

Les minimaisons suscitent de l'intérêt

Le projet de Petit Quartier, piloté par Richard Painchaud, continue de cheminer. Pendant que les discussions se poursuivent avec la Ville de Sherbrooke en prévision d'une demande de changement de zonage, M. Painchaud organise le premier colloque québécois sur l'avenir des minimaisons et des microhabitations.
L'événement privé, qui se tiendra le 16 juin à l'hôtel Delta, devrait réunir une centaine de personnes, des urbanistes, des architectes, des élus, des constructeurs et des développeurs. « La majorité des grandes villes, à l'exception de Montréal et Québec, seront présentes. Même la Société canadienne d'hypothèque et de logement sera là. Il y a des demandes de projets partout au Québec, alors je me suis dit que nous étions mieux de nous en parler maintenant. Je me disais que nous pourrions asseoir tous les joueurs de l'industrie autour de la même table, et aller chercher des gens pour, des gens contre, et des gens qui ont des craintes devant le développement des quartiers de minimaisons », explique M. Painchaud.
Des ateliers seront organisés afin de jeter des bases claires et communes sur la vision des quartiers de minimaisons. « Nous tenterons de répondre à trois questions : Qu'est-ce qu'une minimaison? Quels sont les freins aux projets de quartiers de minimaisons? Que devons-nous faire à court terme? Chacune des questions sera abordée selon quatre angles, soit ceux des constructeurs, des urbanistes, du marché financier et des architectes. Si quelque chose de commun ressort, ça constituera la base. »
Craintes
Richard Painchaud comprend que certaines municipalités soient encore craintives devant la volonté de construire des minimaisons. « Je ne le fais pas pour faire du profit. C'est une mission sociale de faciliter l'accès à la propriété. Certaines villes craignent que les minimaisons soient les futurs quartiers de maisons mobiles. Mais une minimaison est une construction identique aux maisons traditionnelles... en plus petit. Elle ne dépérira pas comme les maisons mobiles. »
M. Painchaud s'attend à des confrontations d'idées. « Après, nous devrions tous parler de la même chose quand nous parlons de minimaisons. »
Des participants viendront de Coaticook, Drummondville, Gatineau, Saguenay, Rivière-du-Loup, et d'aussi loin que Mingan. « En ayant des urbanistes de partout, nous pourrons plus facilement parler le même langage. Beaucoup de villes ont le regard rivé sur Sherbrooke. Il faut donc qu'on laisse le meilleur arrière-goût politique à la grandeur du Québec. »
Quant au projet sherbrookois, prévu à l'angle des rues Duplessis et Papineau, il devrait compter 73 minimaisons. Le prix pourrait varier entre 106 000 $ et 140 000 $. L'objectif initial était d'amorcer la construction en mai 2018.
« Le concept d'implantation est pas mal réglé, même si nous n'avons pas officiellement de plan d'implantation. La demande de modification au zonage viendra plus tard. Une séance d'information est aussi prévue, probablement cet automne. Avec les élections qui s'en viennent, tout tombera au ralenti. Il est possible que le projet soit un peu décalé. Nous sommes à discuter de questions techniques comme la gestion des eaux pluviales, les branchements électriques, l'aqueduc... Tout n'avance pas à la vitesse que j'aurais voulu, mais ça avance. »
Selon Richard Painchaud, déjà 70 minimaisons du Petit Quartier trouveraient preneur. Il ne projette toutefois pas de nouvelles acquisitions de terrain pour ajouter des maisons au quartier. « Peut-être la situation ouvrira-t-elle la porte au privé... »