Les membres de la Fédération des médecins résidents du Québec (FMRQ) entendent exercer des moyens de pression pouvant aller jusqu’à la grève.

Les médecins résidents votent à 98 % pour la grève

Les médecins résidents mettront en place des moyens de pression pouvant aller jusqu’à la grève, a annoncé lundi la Fédération des médecins résidents du Québec (FMRQ). À Sherbrooke, ce mandat a été obtenu dans une proportion de 98 %.

Environ 710 médecins résidents pratiquent à la faculté de médecine et des sciences de l’Université de Sherbrooke. Dans l’ensemble du Québec, ce sont quatre associations de médecins résidents de la province qui ont adopté un mandat visant à mettre en place des moyens de pression pouvant aller jusqu’à la grève.

Le président de la FMRQ, Dr Christopher Lemieux, n’a pas voulu dévoiler l’ensemble des moyens de pression qui seront mis en place. Les membres de la FMRQ, qui peuvent effectuer de la recherche et de l’enseignement, pourraient notamment refuser d’exercer certaines tâches d’enseignement. Les résidents ont aussi un rôle dans la supervision des externes, c’est-à-dire les étudiants au doctorat en médecine. M. Lemieux rappelle du même coup que les médecins résidents sont régis par la Loi sur les services essentiels.

« Ce sont des moyens progressifs. On ne prévoit pas aller en grève là, on laisse au ministère (de la Santé et des Services sociaux) de nous revenir avec des vis-à-vis qui comprennent mieux les réalités d’un médecin résident (...) Ils ne savent pas ce qu’on fait dans le système de santé. Ils ont de la difficulté à comprendre les subtilités de notre travail. On est des travailleurs du système de la santé et non pas des stagiaires. »

Du côté de la faculté de médecine de l’UdeS, on indique que les impacts varieront selon le type de moyens de pression exercés par les résidents. « Si leur moyen va jusqu’à la grève, il y aura des répercussions et nous devrons nous ajuster », fait-on valoir du côté de la faculté.

La rémunération fait partie des enjeux sur la table.

« On veut se rapprocher des médecins résidents d’ailleurs au Canada. L’écart peut aller jusqu’à 30 % avec les provinces maritimes », précise Dr Lemieux, qui est résident en hématologie à Québec.  Le salaire moyen d’un résident au Québec est d’environ 62 700 $.

La rémunération est annuelle, peu importe le nombre d’heures travaillées. Dr Lemieux soutient également que la rémunération annuelle moyenne d’une infirmière praticienne spécialisée (IPS) comptant le même nombre d’années de service est de 79 818, « soit 27 % de plus que les médecins résidents ». « Ceci dit, les IPS méritent amplement leur rémunération. »

Selon la FMRQ, ses jeunes médecins travaillent en moyenne 72 heures par semaine.

La Fédération soutient que Québec « cherche à remettre en question » le maximum de 16 h de travail par période de 24 h.

La FMRQ demande également que le Ministère reconnaisse certaines primes dans le calcul des prestations de congé de maternité des résidentes; celles-ci sont actuellement pénalisées lors du calcul des prestations, selon la fédération.

Elle réclame aussi un « temps protégé » afin que ses membres puissent se préparer adéquatement à l’examen de certification.

Les pourparlers entre la Fédération et le Ministère sont interrompus. L’entente collective est échue depuis le 31 mars 2015. Les négociations ont débuté il y a un an et demi. La FMRQ représente environ 3600 membres.  

Le Ministère a décliné notre demande d’entrevue, nous indiquant qu’il ne négocierait pas sur la place publique. Il a invité du même coup la Fédération à poursuivre les discussions à la table des négociations.