Jacques Blain considère avoir deux semaines de retard. En effet, celui-ci récoltera ses asperges mardi, alors qu’il le fait habituellement entre le 6 et le 8 mai.

Les maraîchers aussi en retard

Le mauvais temps et la température froide affectent aussi les maraîchers de la région de l’Estrie. Selon le propriétaire des Vallons Maraîchers, Jacques Blain, sa production est retardée d’environ deux semaines.

« Principalement, on commence la récolte avec les asperges. Nous sommes très en retard. Normalement, en moyenne, on commence à récolter entre le 6 et le 8 mai. Là, ma première récolte est demain (mardi) », explique-t-il. 

« On commence à travailler un peu, poursuit-il. On étend du compost, on ramasse des roches. Ce matin, on ne pouvait rien faire même s’il ne pleuvait pas. Les champs sont trop trempés pour qu’on puisse y entrer. J’ai quelques trucs de plantés pour le marché local, mais rien pour le gros marché. Ça s’en vient. Il faudrait quelques belles journées de soleil et de chaleur pour tout faire sécher. Plusieurs champs sont prêts. »

Habituellement, beaucoup de choses sont plantées en date du 20 mai. « Il y a déjà eu des années où le 1er mai, on avait des carottes et des betteraves. Trois ans sur quatre, ce sont des choses qu’on peut faire », dit celui qui vend ses produits aux marchés publics de Sherbrooke, de Compton et à la Ferme Beaulieu. 

En attendant, le propriétaire des Vallons Maraîchers s’occupe de la paperasse. « On a en masse de choses à faire du côté administratif. Ce n’est pas l’ouvrage qui manque, mais on a hâte de mettre les choses en terre pour récolter le plus tôt possible », avoue M. Blain.

Cependant, il est impossible de prédire l’avenir. « On ne sait pas ce qui va se passer. Ça se peut que ça se rattrape. Nous, habituellement, on récolte jusqu’au 24 juin. Il se peut que les récoltes soient plus grosses. Si c’est frais, il se peut que les rendements soient moins grands », analyse M. Blain.

« L’an passé aussi le printemps était tardif. Le maïs s’est semé tard et les gens disaient qu’on n’allait jamais en récolter. Avec la chaleur qu’on a eue, on a vu de très bons rendements », rappelle-t-il.

En 25 ans de métier, Jacques Blain en a vu d’autres. Il demeure positif. « Ça ne sert à rien d’être négatif, car l’été sera long ! Si tu n’es pas positif, c’est difficile d’être agriculteur. Tu es toujours anxieux et tu meurs jeune ! » résume-t-il.

Boîte à légumes : plus petit, moins de problèmes

Pour Cassandre Veillette, propriétaire de la Boîte à légumes, la saison maraîchère est bel et bien entamée. Comme aucun tracteur n’est utilisé dans son entreprise, les graines ont pu être plantées dans les champs le 24 avril.

« C’est un peu différent. J’ai vraiment une petite surface, donc j’utilise un motoculteur à deux roues. Je vise vraiment à maximiser sur la petite surface. L’avantage, c’est que je n’ai pas le besoin de rouler dans la grosse boue et endommager le sol. Je suis capable de travailler le sol un peu plus facilement », explique Cassandre Veillette, ajoutant que pratiquement tous ses abonnements ont trouvé preneur. 

« J’ai été un petit peu retardé, mais avec mes techniques et mon imagination, j’ai réussi à y arriver, ajoute Cassandre. J’ai dû jongler avec les dates. Il y a une journée, j’ai dû tout faire, car le lendemain on annonçait 20 millimètres de pluie. Ç’a fait de plus longues journées, mais j’y suis arrivé. »

Les premiers paniers de la Boîte à légumes arriveront le 11 juin. « Pour la première année, j’ai une serre chauffée et ça change tout pour moi. Sans l’avoir eue, ç’aurait été difficile d’avoir des légumes pour le 11 juin, mais là, je commence déjà à avoir des tomates-cerises », explique Cassandre Veillette, qui devrait avoir sa certification biologique bientôt.