Normand Couture, porte-parole de l’ALS

Les locataires plaident pour de nouvelles sources de revenus

SHERBROOKE — L’Association des locataires de Sherbrooke (ALS) hésite à lancer la pierre au conseil municipal à la suite du dépôt de son budget 2019. Si elle reconnaît que la hausse des taxes et tarifs pourrait nuire à certains ménages locataires, elle croit qu’il faut mettre davantage de pression pour le gouvernement du Québec pour offrir de nouveaux revenus aux municipalités.

« Nous sommes ambivalents parce qu’on sait très bien que si nous voulons maintenir les services, il y a une augmentation des coûts. Si on veut des investissements dans le logement social, ça prend un budget pour maintenir cet engagement. Dans le passé, quand il y a eu des gels de taxes, il y a eu des coupes dans les logements sociaux. C’est pour ça qu’il faut que les municipalités aient d’autres sources de revenus que la taxe foncière », commente Normand Couture, porte-parole de l’ALS.

« La CAQ a promis un point de pourcentage de la TVQ. Nous verrons si la promesse est respectée, parce que pour le moment, ça nous place dans une position où on doit choisir entre les services et une hausse de loyer. Le fait que les municipalités n’aient pas d’autres sources de revenus les pousse à préférer la construction d’immeubles luxueux parce qu’ils rapportent plus en taxe foncière.

« Il faudra des pressions beaucoup plus fortes sur Québec pour de nouvelles sources de revenus », ajoute-t-il.

Plusieurs élus ont souligné, lundi soir, que l’augmentation des tarifs touchait principalement les ménages à faibles revenus. « Nous savons que les taxes sont refilées aux ménages locataires. Pour ceux qui payent 50 % de leurs revenus, quelques dollars de plus, c’est un pain ou une pinte de lait en moins. Quand le budget est très serré, c’est difficile. »

M. Couture avait profité de la période des questions sur le budget, lundi, pour réitérer sa demande d’engagement du conseil pour 100 logements sociaux par année pendant cinq ans. « Nous avons eu la moitié de ce que nous demandions. Il y a en aura 100, mais il n’y a pas d’engagement pour les autres années. Quand il n’y a pas de sommes réservées l’année suivante, c’est difficile de faire lever un projet. »

La Ville achète deux immeubles sur Galt

La Ville a acquis deux autres immeubles de la rue Galt Ouest pour la réalisation de son projet d’élargissement de l’artère entre les rues Alexandre et Belvédère. Elle possède maintenant quatre des huit terrains, ou cinq des neuf bâtiments à acquérir pour procéder à leur démolition.

La Ville a confirmé lundi s’être entendue avec le propriétaire du 451-457 et du 493-511, rue Galt Ouest. Les deux bâtiments comprennent respectivement cinq et huit logements construits en 1922 et 1928. L’évaluation municipale combinée des deux immeubles atteignait 647 800 $ pour le rôle triennal 2019-2021.

Le prix convenu avec le propriétaire s’élève à 770 000 $ en incluant l’indemnité principale pour l’immeuble et l’indemnité accessoire pour les troubles, ennuis et inconvénients.

Le prix total payé par la Ville à ce jour pour l’acquisition de gré à gré des immeubles de la rue Galt Ouest s’élève à 1 582 000 $, soit 2,6 % de plus que l’évaluation municipale. Il lui faudra aussi verser une indemnité pour les locataires, notamment une compensation de trois mois de loyer, lorsqu’ils devront être relocalisés.

Rappelons que la Ville compte élargir la rue Galt Ouest entre les rues Alexandre et Belvédère, en plus d’y ajouter une piste multifonctionnelle. Elle en profitera pour agrandir le parc Alfred-Élie-Dufresne et un immeuble comprenant 70 logements accessibles et abordables devrait être érigé.

Le début des travaux est prévu à la fin de 2019 et ils devraient s’échelonner sur environ deux ans.