Députée de Saint-Laurent et porte-parole des libéraux en matière d’éducation et d’enseignement supérieur, Marwah Rizqy aimerait que les professeurs aient envie de rester au Québec pour pratiquer leur profession.

Les libéraux s’inquiètent de la pénurie d’enseignants

La porte-parole en matière d’éducation et d’enseignement supérieur pour le Parti libéral du Québec, la députée de Saint-Laurent Marwah Rizqy, souhaite que le gouvernement se dote d’un plan pour régler la pénurie de main-d’œuvre en enseignement et qu’il « mette fin à l’obsession sur les maternelles quatre ans ».

« La priorité, c’est la pénurie d’enseignants, indique celle qui a été professeure à l’Université de Sherbrooke avant de faire le saut en politique. On sait déjà qu’il va en manquer 3000 d’ici 2023. [...] C’est comme s’il n’y avait rien avant quatre ans et après quatre ans... arrangez-vous. »

Pour Mme Rizqy, retenir les professeurs est la priorité. « Il y a une campagne assez féroce de la part de l’Ontario pour venir recruter les enseignants québécois. Depuis les cinq dernières années, le nombre de Québécois qui terminent leurs études ici et qui vont enseigner en Ontario est en hausse. Il faut retenir et valoriser », mentionne-t-elle, ajoutant que la précarité des emplois non permanents n’aide pas les jeunes à rester dans ce domaine.

De plus, les plus jeunes enseignants ont souvent le dernier choix lorsque vient le temps de prendre une classe. « Quand on est un jeune enseignant, on a souvent la tâche que les autres ne veulent pas avoir. Ça peut être une tâche très difficile — ou trop difficile — pour commencer. Ça peut être l’une des raisons pour laquelle ils quittent après cinq ans. On les perd. Il va falloir revoir ça. Je trouve notre ministre de l’Éducation très silencieux. Je voudrais qu’il arrête son obsession sur les maternelles quatre ans et qu’il se concentre sur la véritable problématique », considère celle qui pense que de rémunérer le troisième stage des étudiants en éducation pourrait être une bonne idée.

Personnel de soutien

En éducation, les enseignants sont souvent mis de l’avant. Cependant, Mme Rizqy rappelle que d’autres corps de métier sont essentiels dans le bon fonctionnement du système scolaire. « Il ne faut pas oublier le personnel de soutien, comme les orthopédagogues, orthophonistes, psychologues ou sexologues. Ce sont aussi des héros dans l’ombre. Ils ont un impact sur l’élève, mais aussi sur l’enseignant. Celui-ci peut se concentrer à donner sa tâche, enseigner et transmettre le savoir. Eux aussi ont un emploi précaire. Il faut s’assurer qu’ils n’aient pas le stress d’être mis à pied au mois de juin, d’être sur l’assurance-emploi et d’être réembauchés au mois d’août », demande-t-elle.

Marwah Rizqy admet qu’il y avait eu un ralentissement en matière d’éducation, alors que les libéraux de Philippe Couillard régnaient il y a quelques années. « Maintenant, l’argent est présent, relativise-t-elle. Lors du dernier budget, Carlos Leitao a ajouté beaucoup d’argent en éducation. De l’argent a aussi été ajouté pour les infrastructures. On doit s’assurer que la CAQ maintienne ce qui a été fait dans le budget 2018. »

En région

Selon Marwah Rizqy, la construction d’une nouvelle école secondaire devrait être envisagée à Sherbrooke. « Ce n’est pas une maternelle 4 ans! Au Québec, il y a eu un petit boom démographique, ce qui est correct. Ces enfants sont au primaire, mais après, ils vont au secondaire. Je n’ai pas entendu le ministre de l’Éducation parler d’école secondaire. Les besoins actuels et futurs, ce seront des agrandissements d’écoles et peut-être une école complète en Estrie », analyse-t-elle.

Est-elle en communication avec la députée solidaire de Sherbrooke Christine Labrie, qui est aussi porte-parole en matière d’éducation? « Je parle à tout le monde : aux gens de la CAQ, aux péquistes et aux solidaires. L’éducation est une priorité. Il n’y a pas de place à la partisanerie. On veut avancer de manière intelligente et le plus rapidement possible dans ce dossier. C’est beau d’avoir des maternelles quatre ans, mais si je n’ai pas d’enseignants, ça peut être très problématique », résume-t-elle.

Christine Labrie

Des attentes élevées pour QS

La députée de Sherbrooke, Christine Labrie, a de grandes attentes en matière d’éducation pour le prochain budget. 

« Nos attentes sont très élevées, car c’est un gouvernement qui a annoncé dès son élection qu’il ferait de l’éducation une priorité, exprime celle qui est porte-parole du troisième groupe d’opposition en matière d’éducation. Eux-mêmes ont mis la barre très haute. Depuis plusieurs mois, Jean-François Roberge [le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur] répète qu’il est capable de mener ses projets à terme, incluant la maternelle quatre ans et la réforme de taxes scolaires, tout en s’assurant d’améliorer les services en éducation. »

Mme Labrie se dit « très inquiète » par rapport aux établissements qui ont perdu leur statut d’école défavorisée. « On a réussi à lui faire dire en décembre qu’il n’y aurait pas de coupe pour ces écoles. Dans la réalité, les élèves qui sont en situation de familles défavorisées n’ont pas vraiment changé. Quand on a tenté de lui faire confirmer cette information avant la relâche, il n’a pas voulu le répéter », se désole-t-elle. 

Par ailleurs, le personnel de soutien est important, dit Christine Labrie. « On sait qu’il y a déjà eu des coupes en éducation au niveau du service aux élèves et des professionnels. Ce n’est pas tout de ne pas faire de nouvelles coupures, mais il faut aussi s’assurer de réintroduire les services coupés dans les dernières années », explique-t-elle, ajoutant qu’améliorer les conditions des enseignants est essentiel en cette période de pénurie. Mme Labrie s’attend également à voir de l’argent pour les infrastructures, puisque « les besoins sont grands », selon elle.

Un soutien aux centres professionnels doit aussi être envisagé. « On sait qu’il y a un manque d’espace au secondaire et au Centre Saint-Michel. C’est quelque chose qu’on oublie souvent de nommer, mais la formation professionnelle et l’éducation aux adultes, c’est quelque chose qui passe sous le radar. Je considère ça très important, car on va chercher des raccrocheurs. On parle souvent de décrocheur, mais ceux qui raccrochent, c’est comme si le gouvernement les oublie. Il n’y a pas beaucoup de services pour les gens à besoins particuliers, alors qu’on sait qu’ils sont proportionnellement plus nombreux », explique-t-elle. 

Au niveau de l’éducation supérieure, QS a de grandes attentes pour la rémunération des stages.