Plus de 20 leaders de la communauté estrienne représentant le monde de affaires ou de grandes institutions se sont rassemblés d’urgence vendredi, pour formuler une déclaration commune afin de garder en vie La Tribune.

Les leaders de la région donnent leur appui à La Tribune [VIDÉO]

La communauté sherbrookoise a parlé, et elle n’est pas prête à laisser sombrer son quotidien. Vendredi, plus d’une vingtaine de leaders représentant les plus importantes institutions de la région se sont réunis d’urgence afin de formuler une déclaration commune promettant d’offrir leur appui à d’éventuels acheteurs de La Tribune.

La rencontre d’environ deux heures, qui s’est déroulée dans les bureaux du journal, un « lieu très symbolique » selon son éditeur adjoint et directeur général Maurice Cloutier, se voulait une occasion pour les gens d’affaires et les grands décideurs de l’Estrie de « signifier notre solidarité envers notre journal quotidien ».

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L’ancien maire de Sherbrooke et instigateur de cette rencontre, Jean Perrault, a lu le document en leur nom devant les médias vendredi après-midi. 

« Cette mobilisation se veut aussi un message clair à d’éventuels repreneurs qu’ils pourront compter sur l’appui du milieu s’ils sont en mesure de garantir la pérennité du journal La Tribune au niveau de quotidien régional », indique la déclaration entre autres signée par les représentants de l’Université de Sherbrooke, de l’Université Bishop’s, du Cégep de Sherbrooke, de la Ville de Sherbrooke, du CIUSSS de l’Estrie–CHUS, de Sherbrooke Innopole et de la Chambre de commerce et d’industrie de Sherbrooke. 

Si les futurs propriétaires respectent ces conditions, les différentes organisations s’engagent à développer de nouveaux partenariats d’affaires afin de contribuer à la santé financière de la publication.

« Vous avez remarqué qui sont les gens qui sont présents ici aujourd’hui, a commenté la directrice générale de Sherbrooke Innopole, Josée Fortin. Ça vous démontre le sérieux de la démarche. Oui, on a des agendas extrêmement chargés, mais vous avez compris qu’aujourd’hui, on a tout tassé pour être là. On met tout en notre pouvoir pour s’assurer de garder ce média essentiel pour notre belle région. » 

Un comité de suivi piloté par M. Perrault a également été formé afin de surveiller la situation. 

« On va aussi travailler avec les groupes ou les entités qui ont de l’intérêt à être repreneurs pour La Tribune. [...] S’il y a un repreneur national qui s’intéresse à notre région, il va devoir garder cet objectif-là », a lancé M. Perrault, qui note que l’avenir du journal The Record, actuellement distribué par La Tribune, est également en péril. 

Des projets sur la table 

« Quand Jean m’a appelé, c’était essentiel d’y être, a partagé le recteur de l’Université de Sherbrooke, Pierre Cossette. C’est essentiel dans une région comme l’Estrie, pour l’Université, que l’information circule. C’est pour ça qu’on va y participer. On regarde chacun dans nos organisations ce qu’on peut faire pour augmenter nos partenariats. Il y a déjà des projets sur la table que je ne veux pas vous diffuser, mais on est là. Au-delà de ça, [on étudie] comment on peut appuyer les employés de La Tribune dans leurs démarches et comment on peut s’assurer que le quotidien continue. Un journaliste m’a dit “ qu’est-ce qu’on fait si ça ne marche pas ? ” Ça ne peut pas ne pas marcher. »