Le nombre de militaires trop élevé pour le bâtiment figure au sommet des enjeux, la cohabitation rendrait les opérations de chaque unité difficiles.

Les Hussars de Sherbrooke ne déménageront pas chez les Fusiliers

En raison de la détérioration du manège militaire de la rue William, il avait été question l’an dernier de regrouper les quatre régiments de Sherbrooke sous le même toit, dans le manège militaire de la rue Belvédère. Après réflexion, cette solution s’avère impensable et il faut trouver une autre avenue.

« Avec la croissance de la réserve, avec les nouveaux véhicules qui sont arrivés et avec d’autres facteurs, ça fait en sorte que cette option-là n’est peut-être pas la meilleure », explique le lieutenant-colonel Louis-Benoit Dutil, commandant sortant des Hussars de Sherbrooke.

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Le nombre de militaires trop élevé pour le bâtiment figure au sommet des enjeux, la cohabitation rendrait les opérations de chaque unité difficiles.

« On parlait d’ajouter 250 personnes dans le manège », explique le lieutenant-colonel Dutil, précisant que 300 militaires y sont déjà installés, ce qui rendait les objectifs de croissance des régiments ingérables.

Néanmoins, le manège militaire de la rue William devra fermer d’ici dix ans maximum, ses fondations poreuses sont irréparables.

Plusieurs options sont encore sur la table, mais la meilleure solution doit encore être trouvée, que ce soit la démolition du bâtiment pour en construire un nouveau sur le même terrain, le déménagement dans un nouvel édifice déjà existant ou la construction d’un nouveau manège sur un autre site.

« Nous, l’important, c’est qu’on ait une place pour s’entrainer et pour héberger notre unité. Peu importe où ce sera, l’important pour le régiment est d’avoir cette place-là », affirme le lieutenant-colonel Dutil, rappelant que le ministre de la Défense Harjit Sajjan est venu jeter un œil à la situation en décembre dernier.

« Il a fait le tour des deux manèges, il a vu la situation. Il connaît très bien la réalité de la réserve et il a constaté que ce n’était pas la meilleure option. Il a dit qu’on allait regarder ça comme il faut au lieu de précipiter la décision », ajoute le commandant sortant des Hussars de Sherbrooke.

Aucun regroupement de régiments prévu

Ce dernier a par ailleurs fait la passation samedi du commandement des Hussars de Sherbrooke au lieutenant-colonel Éric Beaudoin, qui avait déjà commandé les Fusiliers de Sherbrooke de 2005 à 2010.

Si le fait est inusité, il ne faut pas y voir non plus de premier pas vers une fusion des quatre régiments sherbrookois.

« Ça ne peut pas arriver », affirme Lcol Dutil au sujet des Hussars, des Fusiliers, de la 52e Ambulance de campagne et du 714e Escadron des communications.

« Ce sont des métiers différents. Médical, reconnaissance blindée, infanterie, communication. On travaille de concert, mais on a vraiment des fonctions différentes. Il n’est donc pas question de former un groupe et de créer qu’un seul régiment », ajoute le nouveau lieutenant-colonel Éric Beaudoin, qui devient donc le premier à commander de deux régiments d’armes de combat, passant d’un régiment d’infanterie à un régiment de reconnaissance blindée.

« Les intentions risquent d’être différentes, les manœuvres et l’entrainement sont différents, mais la gestion en tant que telle demeure sensiblement la même », explique le lieutenant-colonel Beaudoin.

« C’est le meilleur individu pour assurer la relève, par son expérience, par sa sagesse et sa connaissance de la région et de l’unité », fait valoir le lieutenant-colonel Dutil.