La directrice de l'Armée du Salut, Anne-Marie Racicot, et son équipe de bénévoles attendent entre 125 et 150 convives dans leurs locaux du centre-ville le 24 décembre au soir à l'occasion du souper traditionnel de Noël de l'Armée du Salut.

« Les gens souffrent beaucoup de la solitude »

Sans mauvais jeu de mots, on peut dire que c'était le branle-bas de combat vendredi dans les locaux de l'Armée du Salut, rue Wellington Sud.
Pendant qu'au sous-sol près une dizaine de bénévoles s'affairaient à distribuer une centaine de paniers de Noël, les arômes de tourtière et de clou de girofle assaisonnant le ragoût de pattes émanaient des cuisines jusque dans la ruelle Therrien.
Et tout ce branle-bas sera encore plus intense à compter de 15 h samedi alors que le 7e souper traditionnel de l'Armée du Salut battra son plein dans la grande salle à manger du deuxième étage.
Depuis des semaines, la directrice de l'organisme, Anne-Marie Racicot, et son mari, Claude Dagenais, sont à pied d'oeuvre afin que ce souper de Noël soit une réussite. Pour ce couple qui oeuvre à l'Armée du Salut depuis une vingtaine d'années, le souper traditionnel de Noël est un moment important de leur mission.
« Pour nous, il est important que ce souper-là se tienne le 24 décembre et non pas le 22, le 25 ou le 26, précise Mme Racicot. Le 24, c'est plus nostalgique. Et comme la plupart des gens qu'on reçoit n'ont pas de familles ou pas d'amis, ça leur permet d'avoir un endroit où aller, d'être bien accueillis, de déguster un bon repas préparé avec amour et de voir du monde pour pouvoir socialiser. Les gens souffrent beaucoup de solitude. Et cette solitude-là est plus difficile à vivre le 24 pendant que le reste du monde fête en famille ou entre amis ».
Une fois le souper terminé, les quelque 125 à 150 convives attendus au repas ne repartiront pas les mains vides. En effet, pour la première fois cette année, l'Armée du Salut prévoit remettre à chacun d'eux quelques plats préparés qu'ils pourront déguster entre Noël et le jour de l'An.
« Chaque personne va recevoir un plat de riz au poulet avec une béchamel au chou kale et un pâté chinois gratiné avec saucisses et lentilles. On a fait des bonnes portions pour qu'ils puissent les partager. »
Mme Racicot souligne qu'à l'instar de plusieurs organismes humanitaires, l'Armée du Salut est active durant toute l'année et non pas seulement à l'approche de Noël.
« On sert environ une centaine de repas par jour à longueur d'année, dit-elle, tandis que notre banque alimentaire sert entre 300 et 400 personnes par mois », la plupart habitant au centre-ville ou le quartier centre-sud.
« Les gens connaissent peu l'Armée du Salut. Oui, bien sûr, ils connaissent l'aide d'urgence aux sinistrés ou notre magasin d'occasion, mais peu de gens savent que notre mandat premier, c'est de répondre aux besoins essentiels de la personne, c'est-à-dire se loger, se nourrir et se vêtir. C'est ce qu'on fait tous les jours. »