Les futurs psychologues songent à faire la grève

Les futurs psychologues songent à faire la grève

Le Regroupement des étudiants des études supérieures en psychologie de l’Université de Sherbrooke (REESPUS) hausse le ton concernant la rémunération des internes en psychologie. Après avoir fait une semaine de grève de cours du 18 au 22 mars et être allés manifester devant le Parlement à Québec, voilà qu’une résolution de boycottage des cours, des stages et des internats à la rentrée en septembre 2019 sera proposée lundi en assemblée générale si aucune entente convenable n’est proposée par le gouvernement.

« On a su que le ministre n’avait pas l’intention de régler la situation avant le règlement de tous les stages qui est prévu pour la fin avril, indique Raphaëlle Paradis-Lavallée, étudiante en 3e année au doctorat en psychologie et porte-parole du REESPUS. Cette réponse-là ne nous satisfait pas parce qu’on considère que c’est un enjeu distinct. Le titre d’interne est l’étape juste avant de graduer et on nous avait promis cette rémunération. Il va dans le sens pour nous que le ministre Roberge règle cette question-là avant celle des autres stagiaires. »

Des bourses existent déjà, mais elles sont insuffisantes selon Mme Paradis-Lavallée. À un point tel en fait que la moitié de la cohorte des internes de 3e année en psychologie n’aura pas accès à la rémunération en septembre à Sherbrooke.

« Il va y avoir un tirage au sort, admet Raphaëlle Paradis-Lavallée. Ces gens-là peuvent potentiellement travailler dans les mêmes milieux. La personne à côté de toi gagne de l’argent et toi non... »

80 % de la tâche d’un psychologue

L’internat est un stage de 1400 à 1600 heures réparties sur un ou deux ans selon l’université et impliquant dans tous les cas d’accomplir 80 % de la tâche d’un psychologue. En janvier 2017, le ministère de l’Éducation a signé une entente avec la Fédération interuniversitaire des doctorants en psychologie octroyant aux internes œuvrant dans le réseau public et parapublic 250 bourses par année, d’une valeur de 25 000 $ chacune. L’entente était d’une durée de trois ans.

Cette entente n’a toutefois pas été conçue pour s’adapter aux fluctuations du nombre d’étudiants au doctorat selon le REESPUS. Les 250 bourses par année sont octroyées indépendamment du nombre d’internes éligibles. En conséquence, à l’UdeS en 2019-2020, il manquera 17,5 bourses sur un total de 31 internes potentiels; à l’UQTR, il manquera 12 bourses sur 31 applications potentielles; à l’Université Laval, c’est 22 bourses qui seront manquantes pour un potentiel de 58 internes.

« Le gouvernement donne les bourses aux universités et c’est elles qui sont les gestionnaires des enveloppes, explique Raphaëlle Paradis-Lavallée. Ça fait en sorte qu’à l’UQAM il y aura un surplus de bourses et qu’il va en manquer ailleurs. Ces bourses ne sont pas transférables. »

« C’est un enjeu sur la précarité étudiante, mais c’est avant tout un enjeu sur la reconnaissance des internes en psychologie, résume Mme Paradis-Lavallée. Ils vont dans les milieux publics et des hôpitaux. Ils prennent en charge des patients. Les résidents en médecine sont comparables à nous en termes de niveau d’étude et de responsabilité. Ils sont considérés comme des travailleurs, ils ont un syndicat et un salaire alors qu’on est considéré comme des étudiants. »