« Un montant de 92 000 $ pour des feux d’artifice? Est-ce vraiment nécessaire? », se sont demandé plusieurs citoyens en apprenant qu’une telle somme servirait à « égayer le cœur des Sherbrookois ».
« Un montant de 92 000 $ pour des feux d’artifice? Est-ce vraiment nécessaire? », se sont demandé plusieurs citoyens en apprenant qu’une telle somme servirait à « égayer le cœur des Sherbrookois ».

Les feux d'artifice ne font pas que des heureux

Sabrina Lavoie
Sabrina Lavoie
La Tribune
Le coup d’envoi de la campagne « Faites briller Sherbrooke » a laissé quelques citoyens perplexes. « Un montant de 92 000 $ pour des feux d’artifice? Est-ce vraiment nécessaire? », se sont demandé plusieurs d’entre eux.

Selon Stéphanie Leclerc, une citoyenne impliquée dans le mouvement Urgence climatique Sherbrooke, « cette décision est la preuve que l’environnement n’est toujours pas au cœur des réflexions de la Ville de Sherbrooke ».

La Sherbrookoise s’est dite à la fois étonnée et déçue par l’annonce d’un spectacle pyrotechnique d’une telle envergure. « Ce n’est pas les idées qui manquent pour égayer les cœurs de manière plus responsable. On aurait pu trouver un autre moyen », croit celle qui s’était notamment mobilisée jeudi midi devant l’hôtel de ville pour parler d’enjeux climatiques.

Elle ajoute qu’une « vraie démocratie » devrait passer par un dialogue qui tient compte de la divergence d’opinions. « Pourquoi la Ville de Sherbrooke n’a pas consulté la communauté estrienne pour lui demander ce qui lui ferait plaisir en ces temps difficiles? Nous aurions pu lui rappeler à quel point le milieu culturel souffre en ce moment et qu’il aurait été judicieux d’impliquer les artistes de la région dans les festivités annoncées. »

Pierre Pino Noël, un artiste de la région, admet être déconcerté lui aussi par la nouvelle. Celui qui tente de vivre de son art malgré la pandémie de COVID-19 affirme avoir du mal à comprendre que la Ville puisse « jeter de l’argent par les fenêtres ».

M. Noël s’est par ailleurs adressé au maire de Sherbrooke sur les réseaux sociaux dans une publication Facebook où il rappelle que « 90 000 $, c’est 45 fois 2000 $ qui aurait pu être mis à la disponibilité d’artistes professionnels ».

En entrevue téléphonique, il ajoute que les temps sont difficiles pour les artistes, les restaurateurs et pour plusieurs personnes qui se retrouvent présentement sans emploi. « En cette journée de Guignolée, je ne peux pas croire qu’on nous annonce qu’une telle somme s’envolera en fumée le temps de quelques sourires. »

L'artiste Pierre Pino Noël

Une dépense « bien placée »

 Au cabinet du maire, on rappelle que la Ville de Sherbrooke s’est associée à Destination Sherbrooke et à Commerce Sherbrooke pour offrir cette série d’activités qui remplacent près de 400 événements qui n’ont pu avoir lieu cette année. On indique également avoir offert le contrat à une entreprise de pyrotechnie de la région.

« Tout a été mis en œuvre pour faire du temps des Fêtes 2020, une période de réjouissances pour tous et toutes. L’année a été difficile, mais nous tenions à ce que ces quelques jours demeurent un moment de lumière et de bonheur pour la population sherbrookoise », commentait Steve Lussier, maire de la Ville de Sherbrooke, plus tôt cette semaine.

« Je suis persuadé que les installations artistiques et le spectacle de pyrotechnie sauront réchauffer le cœur des gens. Combien ça aurait coûté de ne rien faire? C’est une dépense bien placée », croit-il.