Ève Langelier est la titulaire de la Chaire pour les femmes en sciences et en génie du Québec, elle est aussi professeure au département de génie mécanique de l’UdeS.

Les femmes sont encore sous-représentées en sciences et génie

Les inscriptions de femmes dans le domaine des sciences et du génie ne sont pas nombreuses. On constate que leur participation augmente d’année en année, mais la progression reste lente. L’équipe de la Chaire pour les femmes en sciences et en génie profite de la publication de son rapport annuel de statistiques pour sensibiliser la population : ce n’est pas juste une question de parité, il est prouvé qu’une équipe diversifiée est plus innovante.

C’est dans le cadre de la Journée des femmes et des filles de sciences du 11 février que la Chaire pour les femmes en sciences et en génie du Québec (CFSG), dont la titulaire est professeure à l’Université de Sherbrooke, publie un rapport de statistiques sur les inscriptions collégiales et universitaires des femmes dans le domaine des sciences et du génie, chiffres des dix dernières années.

« Il y a une progression, mais elle est très lente. Quand on a une équipe diversifiée autant au niveau du genre, de l’origine ou de l’âge, on est plus performants et il y a beaucoup d’études qui ont démontré ça. Les femmes et les hommes n’ont pas les mêmes préoccupations, ils n’ont pas envie de résoudre les mêmes enjeux ou les mêmes problèmes. La parité, ça va faire qu’on va essayer de résoudre des problèmes qui vont représenter les intérêts de toute la société », exprime Ève Langelier, professeure au département de génie mécanique de l’UdeS et titulaire de la Chaire.

Entre autres, le rapport révèle que le taux d’inscriptions au baccalauréat dans tous les domaines du génie passe de 16 % en 2007 à 21 % en 2017. En ce qui concerne les baccalauréats en informatique et en physique, la présence des femmes a respectivement augmenté de 10 à 17 % et de 18 à 23 % sur une période de 10 ans.

Pourquoi les femmes sont-elles moins intéressées par les sciences? « C’est très complexe et multidimensionnel... ça part de la petite enfance et ça continue à tous les niveaux d’étude. Par exemple, on sait que très tôt au secondaire les filles associent les maths aux gars et le français aux filles, on sait aussi qu’il y a une grande baisse d’intérêt pour les sciences au passage du primaire au secondaire, et cet intérêt-là revient chez les garçons, mais pas chez les filles. Il y a aussi des stéréotypes qui sont ancrés dès l’enfance », indique Mme Langelier

La professeure explique que dès l’âge de 5 ans, les enfants dessinent un homme avec un sarrau blanc lorsqu’on leur demande d’illustrer la profession de scientifique.

« Aussi, les gens qui n’ont pas d’ingénieur dans leur famille, ils ne savent pas ce que ça fait. Mécanique, ça sonne mécanique automobile, mais ce n’est pas ça », ajoute-t-elle.

Information

La mission de la chaire est donc de mieux informer les femmes, à tous les niveaux scolaires, et de changer la représentation qu’on a du domaine scientifique.

« En génie et en science, on peut avoir un impact sur le monde de demain. Et les femmes aiment avoir un emploi qui a du sens et qui amène quelque chose dans la société. On ne voit pas qu’en génie on peut faire ça », déplore aussi Mme Langelier.

Plusieurs moyens sont utilisés par elle et son équipe pour défaire les barrières et préjugés des femmes en sciences, dont la tenue de plusieurs ateliers et plusieurs séances d’informations. La titulaire juge aussi que l’on gagnerait à avoir plus de modèles féminins et plus de professeures dans le domaine.