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La consommation d’alcool en grande quantité et les vaccins ne font pas bon ménage, selon Éduc’alcool.
La consommation d’alcool en grande quantité et les vaccins ne font pas bon ménage, selon Éduc’alcool.

Les excès d’alcool et les vaccins ne font pas bon ménage

Claude Plante
Claude Plante
La Tribune
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La consommation d’alcool en grande quantité et les vaccins ne font pas bon ménage. L’organisme Éduc’alcool invite les buveurs excessifs à réduire leur consommation avant de se faire vacciner contre la COVID-19.

Se faire vacciner contre la COVID-19 est bénéfique pour tous les adultes, même ceux qui consomment de l'alcool de manière excessive. Les bienfaits de la vaccination peuvent toutefois être amoindris pour ces buveurs.

Selon Éduc’alcool, une «consommation modérée» chez les femmes se limite à deux verres d’alcool par jour et un maximum de dix verres  par semaine. Chez les hommes, on ne devrait pas dépasser trois verres quotidiens et 15 verres pendant la semaine.

« Depuis le début de la pandémie, Éduc’alcool a régulièrement rappelé aux Québécois que la consommation abusive d’alcool pouvait affaiblir le système immunitaire, particulièrement lorsqu’il est appelé à combattre des maladies affectant les voies respiratoires comme la COVID-19 », commente Hubert Sacy, directeur général de l’organisme.

« On a aussi invité les personnes ayant contracté la maladie à ne pas consommer du tout d’alcool en attendant d’être rétablies afin de préserver la capacité de leur système immunitaire à combattre le virus. »

L’effet négatif de l’alcool sur la réaction immunitaire au vaccin n’est pas observé chez les consommateurs modérés et il existe même des indications qu’elle pourrait être encore meilleure chez ce groupe de buveurs, poursuit M. Sacy. Telles sont les conclusions de l’analyse faite par Éduc’alcool en réponse aux interrogations qui se posent en ce début de période de vaccination au sujet des conséquences de la consommation d’alcool sur l’effet du vaccin. 

Comme Pfizer et Moderna, qui ont développé les deux vaccins actuellement autorisés au Canada, ont inclus les consommateurs d’alcool dans l’ensemble des phases cliniques, leurs résultats encourageants s’appliquent à l’ensemble de la population adulte, notamment les consommateurs d’alcool, ajoute-t-on dans un communiqué de presse.

La recherche démontre que les réactions immunitaires à l’administration d’autres vaccins sont nettement affaiblies chez les consommateurs excessifs d’alcool, particulièrement ceux aux prises avec des maladies du foie. Ainsi, sans vaccination, les buveurs excessifs sont plus à risque de contracter la COVID-19 et d’avoir des symptômes graves de la maladie. De plus, même l’efficacité du vaccin peut être affaiblie chez ce groupe de buveurs.  

Protection supplémentaire

Toutefois, les vaccins contre la COVID-19 actuellement offerts au Québec offrent une protection supplémentaire qui peut contrecarrer certaines vulnérabilités causées par l’alcool chez les buveurs excessifs. Il est donc bénéfique pour tous, même pour les buveurs excessifs, de se faire vacciner contre la COVID-19. 

S’ils ne peuvent arrêter complètement de boire de l’alcool, Éduc’alcool invite les buveurs excessifs à obtenir de l’aide pour tenter au moins de réduire leur consommation, le temps de laisser le processus d’immunisation du vaccin faire effet. Et comme il n’est pas possible de déterminer clairement le nombre de jours durant lesquels il faut réduire sa consommation avant la vaccination, il est certain que plus c’est tôt, mieux ça vaut. Une fois la deuxième dose reçue et le processus d’immunisation complété - au moins deux semaines après avoir reçu la dernière dose de vaccin -, il sera alors possible de réévaluer sa consommation d’alcool et, qui sait, peut-être de continuer à mettre en application les nouvelles habitudes de consommation modérée.  

Cet effet négatif de l’alcool sur la réaction immunitaire n’est toutefois pas observé chez les consommateurs modérés. Il existe même des indications que la réaction immunitaire au vaccin pourrait être encore meilleure chez ce groupe de buveurs.  

« En soulignant cela, Éduc’alcool n’invite évidemment pas les Québécois à commencer à boire de l’alcool pour améliorer leur réaction immunitaire au coronavirus, mais il remplit sa mission de les informer de manière complète, comme il le fait dans toutes ses interventions. Ainsi, même en matière d’alcool et de vaccination contre la COVID-19, la modération a bien meilleur goût », de conclure Hubert Sacy.