Les Estriens plutôt épargnés par les décès liés à la COVID-19

Marie-Christine Bouchard
Marie-Christine Bouchard
La Tribune
Sherbrooke — La COVID-19 a fait lundi une troisième victime en autant de jours en Estrie. Le bilan est maintenant de 37 Estriens décédés à cause des complications liées au coronavirus depuis le début de pandémie en Estrie.

Le Québec comptait lundi 6153 décès liés à la COVID-19. De ce nombre, l’Estrie en rapportait 37, soit 0,6 % de tous les décès au Québec.

Avec sa population d’environ 480 000 résidents, la région sociosanitaire de l’Estrie représente pourtant près de 6 % de la population québécoise.

Que s’est-il passé en Estrie pour que le bilan des décès demeure aussi bas malgré les mois qui passent?

« J’aimerais penser que nous avons un système de soins meilleur qu’ailleurs, mais la vraie raison, c’est que nous n’avons pas eu d’éclosions en CHSLD durant la première vague. Nous en avons eu quelques-unes dans des résidences privées pour aînés (RPA), mais quand même assez peu. Il faut aussi savoir que la clientèle en CHSLD est plus vulnérable. Non seulement il y a l’âge, mais il y a aussi des incapacités, un grand besoin de soins, qui rendent les gens plus vulnérables aux complications de la COVID-19 », mentionne le Dr Alain Poirier, directeur de la Santé publique de l’Estrie.

Risque plus élevé en CHSLD

Quand la COVID-19 rentre dans un CHSLD, le risque que des personnes en meurent est beaucoup plus élevé.

La situation qui s’est produite au CHSLD de Lambton en est un bon exemple. Au total, 22 des 29 résidents ont été infectés, ce qui a conduit au décès de six d’entre eux, soit 20 % des résidents de ce petit CHSLD de la région du Granit. Cette éclosion est maintenant sous contrôle et l’avis d’éclosion pourrait être levé dans les prochains jours.

« Dans la deuxième vague, ce sont surtout des jeunes qui sont déclarés positifs jusqu’ici. Mais chaque fois qu’il y a une personne plus jeune qui est contaminée, plus grandes sont les chances de contaminer un milieu où se trouvent des aînés vulnérables. C’est pour ça qu’on veut le moins de cas possible », insiste le Dr Poirier.

En chiffres

Dans la première vague, ce sont 26 aînés qui sont décédés des complications de la COVID-19. Depuis le début de la deuxième vague, au début août, 11 personnes supplémentaires sont décédées.

De ces 37 personnes décédées en Estrie, 3 % étaient âgées entre 60 et 69 ans, 27 % étaient âgées entre 70 et 79 ans alors que 70 % avaient plus de 80 ans.

De ce nombre, 18 aînés habitaient dans une RPA, huit en CHSLD, huit étaient à domicile ou dans un lieu inconnu, alors que trois vivaient dans une ressource intermédiaire.