Les Estriens sont plus délinquants que l’ensemble des Québécois quand vient le temps de prendre le volant après avoir bu, selon un sondage diffusé par l’organisme Éduc’alcool.

Les Estriens et l’alcool : des buveurs modérés mais délinquants

Les Estriens consomment l’alcool de façon modérée, mais ils sont plus délinquants que l’ensemble des Québécois quand vient le temps de prendre le volant après avoir bu.

Ils ont une meilleure relation avec l’alcool que la moyenne des Québécois, puisqu’ils disent boire de manière moins excessive et rapportent moins de problèmes liés à leur consommation.

Le tableau est toutefois moins bon en matière d’alcool au volant. Ils avouent conduire davantage avec une alcoolémie supérieure à la limite légale, leur région étant une de celles où l’on voit et où l’on traverse le moins de barrages policiers.    

Voilà quelques-uns des faits saillants qui ressortent de la section Estrie d’une enquête faite sur la relation de chacune des régions du Québec avec l’alcool menée par CROP tous les deux ans pour le compte d’Éduc’alcool.    

« Buveurs généralement modérés et moins problématiques que la moyenne, les Estriens ont plus tendance que les autres Québécois à conduire avec les facultés affaiblies », déplore Hubert Sacy, directeur général d’Éduc’alcool.

« D’ailleurs, on voit moins de barrages policiers en Estrie qu’ailleurs au Québec. Chapeau aux consommateurs donc, mais drapeau jaune pour les conducteurs. Il serait important de renforcer la présence de barrages, car un relâchement de ce côté mène à l’augmentation de la conduite avec facultés affaiblies. » 

Ce sondage a été mené au téléphone et via le web auprès d’un vaste échantillon de 6732 entrevues, dont un minimum de 350 répondants par région, réduisant ainsi considérablement la marge d’erreur régionale. Il s’agit donc d’un sondage fiable, ajoute M. Sacy.

Ainsi, 85 % des gens sondés en Estrie ont affirmé avoir bu de l’alcool au cours des 12 derniers mois, soit exactement le même pourcentage que le reste du Québec. Les résidants de l’Estrie sont cependant significativement moins nombreux à considérer que leur consommation a un impact sur leur vie de famille (2 % contre 6 % au Québec).

Les Estriens consomment en moyenne 1,8 fois par semaine, ce qui se situe juste sous la moyenne québécoise (1,9). Ils sont moins nombreux à boire de manière excessive et ils sont dans la moyenne québécoise pour ce qui est du respect des limites de consommation recommandées. En effet, 50 % affirment avoir consommé de manière excessive au moins une fois au cours de la dernière année (c. 55 % au Québec), alors que 34 % disent avoir dépassé les limites recommandées une fois par mois ou plus souvent au cours de la dernière, ce qui est égal à la moyenne québécoise. 

La conduite et l’alcool

Les Estriens sont moins nombreux que la moyenne québécoise à avoir vu ou traversé un barrage policier en matière d’alcool au volant au cours de la dernière année. Seulement 21 % d’entre eux en ont vu un (c. 26 % au Québec) alors que 16 % en ont traversé un (c. 21 % au Québec).

 Des répondants au sondage, 58 % ont affirmé avoir conduit après avoir consommé de l’alcool à l’intérieur de la limite permise (c. 51 % au Québec), alors que 9 % affirment avoir conduit un véhicule après avoir consommé au-delà de la limite permise (c. 8 % au Québec). 

Selon M. Sacy, les autorités auraient avantage à tenir plus de barrages routiers contre l’alcool au volant, car la perception qu’on ne se fera pas prendre au volant après avoir bu est trop forte en Estrie.

« Ce n’est pas un blâme que nous faisons aux policiers. Mais il est trop répandu le sentiment qu’on ne se fera pas prendre si on n’a pas l’habitude de voir ou de passer dans un barrage routier », analyse-t-il.

« Si ça fait cinq ans qu’on n’a pas vu un barrage, on va être plus porté à prendre le risque de conduire après avoir bu. »

Pour ce qui est du cannabis, les gens de la région sont plus nombreux à fumer, mais moins nombreux que la moyenne à le mélanger avec l’alcool. Le sondage montre que 20 % des résidants de l’Estrie consomment du cannabis, contre 18 % au Québec. De plus, 19 % de ces consommateurs (donc 3,8 % de la population estrienne) mélangent alcool et cannabis, ce qui est plus bas que la moyenne québécoise (24 %).