Le président du SPECS, Steve McKay

Les enseignants incapables de s’entendre sur les symboles religieux au Québec

Il faudra attendre avant de connaître la position officielle des membres du Syndicat du personnel enseignant du Cégep de Sherbrooke (SPECS-CSN) sur le port des symboles religieux. Réunis en assemblée générale mercredi, les membres n’ont finalement pas adopté de position. Alors que les opinions étaient très partagées sur ce sujet délicat et que les débats s’étiraient, la séance a été ajournée à une date ultérieure.

Les débats reprendront « à une date ultérieure qui n’a pas encore été déterminée », a indiqué le président du SPECS, Steve McKay, qui a répondu par courriel à nos questions.

« L’assemblée a été ajournée, car nous avions épuisé le temps à notre disposition et plusieurs personnes voulaient toujours intervenir. Ce sont les membres présents qui ont adopté cette proposition. Vous comprendrez que, par respect pour les membres et leurs délibérations, je ne vais pas commenter une assemblée qui n’est toujours pas terminée », a-t-il fait valoir.

Rappelons que les enseignants du Cégep de Sherbrooke étaient appelés à débattre sur le port des symboles religieux, lors d’une assemblée générale mercredi. Alors que le gouvernement Legault a déjà fait connaître son intention de déposer un projet de loi sur la neutralité religieuse, le SPECS souhaitait connaître le point de vue de ses membres sur le sujet.

La Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN), qui regroupe le SPECS, proposait pour sa part l’acceptation du port de symboles religieux pour les enseignants et pour tous les corps d’emploi de l’État. La FNEEQ a émis cinq propositions, et l’exécutif du SPECS-CSN se montre favorable à celles-ci. L’exécutif souhaitait obtenir le mandat de pouvoir voter en faveur de ces cinq propositions de la FNEEQ lors du prochain conseil fédéral.

Le gouvernement caquiste a affiché sa volonté d’adopter un projet de loi sur la neutralité religieuse, qui viserait notamment à interdire le port de signes religieux dans les cas d’employés en situation d’autorité, comme les policiers et les juges, mais la législation pourrait aussi s’étendre aux enseignants, d’où la volonté du SPECS d’entendre ses membres sur cette question.

La FNEEQ souhaite entendre les syndicats sur ces propositions en vue d’une prise de position officielle le 15 février prochain.

La fédération propose notamment « l’élimination des privilèges religieux institutionnels (fiscaux, législatifs, symboliques), y compris le retrait du crucifix des institutions étatiques ».