Les enseignants estriens accentuent la pression

Isabelle Pion
Isabelle Pion
La Tribune
Les enseignants représentés par le Syndicat de l’enseignement de l’Estrie (SEE-CSQ) ont voté en faveur d’un plan d’action contenant des moyens de visibilité, mercredi soir, qui ira du port de t-shirt aux coups d’éclat ponctuels.

Réunis à l’auditorium du Triolet, environ 400 des 3500 membres du SEE étaient présents. L’instance syndicale regroupe des enseignants des commissions scolaires de la Région-de-Sherbrooke (CSRS), des Sommets (CSS) et des Hauts-Cantons (CSHC). Le vote a été unanime, selon le SEE.

« On a adopté un plan d’action qui prévoit des moyens de pression. Avant le 31 mars, ce sont plus des mesures de visibilité », indique le président du SEE, Richard Bergevin, en précisant que la convention collective vient à échéance le 31 mars 2020. Pour accentuer la pression avec un débrayage, les membres devront retourner en assemblée générale.

« On a un ministre qui exaspère nos membres », lance Richard Bergevin, en ajoutant que les enseignants se sont montrés désillusionnés, mais aussi très déterminés devant les visées du ministre de l’Éducation Jean-François Roberge, lui-même un ancien enseignant.

Les syndicats sont en désaccord avec plusieurs demandes. Parmi elles, la volonté de Québec d’augmenter le nombre d’élèves par groupe au premier cycle du secondaire (première et deuxième secondaire). Les groupes de 1re et 2e sont plus petits, mais le gouvernement veut les ramener à la taille des groupes du deuxième cycle, avance M. Bergevin. Le contenu du dépôt patronal est flou, selon lui.

« Quand il veut revoir la règle du financement des groupes au premier cycle du secondaire, ce qu’il veut, ce n’est pas de les diminuer… » Le syndicat propose plutôt de diminuer le nombre d’élèves par groupe dans les classes jugées difficiles où l’on compte plusieurs plans d’intervention.

Le SEE, qui fait partie de la Fédération des syndicats de l’enseignement du Québec (FSE-CSQ), craint aussi l’obligation de disponibilités pour les enseignants. Richard Bergevin déplore le dépôt patronal alors que Québec disait vouloir valoriser la profession enseignante. Les enseignants sont aussi outrés de l’offre salariale de 7 % sur cinq ans proposée par le gouvernement. « Il prévoit que l’inflation sera autour de 10,4 % sur cinq ans. Il nous propose une diminution du pouvoir d’achat! »

Les instances syndicales réclament plutôt une majoration de traitement de 8 % au 1er avril 2020, de même qu’une augmentation de 2 $ de l’heure en 2020, et des augmentations de 3 % en 2021 et 2022.

« Le gouvernement nous fait un dépôt avec 91 demandes, dont 60 sont une copie de 2015. Je ne pense pas que ce soit nous qui exagérons… »

Les enseignants représentés par le Syndicat de l’enseignement de l’Estrie (SEE-CSQ) ont voté en faveur d’un plan d’action contenant des moyens de visibilité, mercredi soir, qui ira du port de t-shirt aux coups d’éclat ponctuels. À l’avant-plan, le président du SEE, Richard Bergevin.