L’année scolaire 2019-2020 sera marquée par les négociations dans le secteur public : la rémunération des enseignants et la lourdeur de la tâche, feront partie des thèmes qui se retrouveront au cœur des enjeux

Les enseignants en mode rattrapage

L’année scolaire 2019-2020 sera marquée par les négociations dans le secteur public : la rémunération des enseignants et la lourdeur de la tâche, notamment dans certaines écoles en milieu rural, feront partie des thèmes qui se retrouveront au cœur des enjeux. Ces enjeux sont ressortis de consultations menées par le Syndicat de l’enseignement de l’Estrie (SEE) au cours des derniers mois.

La convention collective des quelque 3400 membres du SEE (CSQ) vient à échéance en mars. Les demandes syndicales doivent être déposées en octobre. Selon le président du SEE, Richard Bergevin, les négociations avec Québec devraient commencer en janvier.

« On sait, selon les dernières études de Statistique Canada, que nous sommes les derniers au Canada (en termes de rémunération) en fonction de l’entrée dans la profession, après 10 ans dans la profession, et au sommet de l’échelle, on est dernier dans tout (...) On est derrière le Nouveau-Brunswick, Terre-Neuve... On n’est pas juste derrière les mieux rémunérés, on est derrière tout le monde. C’est un élément qui ressort beaucoup », énumère le président du SEE.


«  On n’est pas juste derrière les mieux rémunérés, on est derrière tout le monde.  »
Richard Bergeron

Selon les « Indicateurs de l’éducation au Canada : une perspective internationale de 2017 », un enseignant en début de carrière à Terre-Neuve-et-Labrador gagnait en 2014-2015 un peu plus de 52 000 $, comparativement à 42 407 $ pour un enseignant qui commence dans le système scolaire québécois.

On devrait en savoir un peu plus cet automne sur la hauteur de la rémunération réclamée par les enseignants.

« Au niveau de la tâche, nos membres nous ont parlé d’épuisement. En enseignement, on a de la difficulté à attirer et à retenir les jeunes enseignants. Essentiellement, la problématique qui ressort, c’est au niveau de la tâche. Elle s’est beaucoup complexifiée depuis 10, 15, 20 ans, en fait depuis que l’on fait de meilleurs diagnostics auprès des élèves en difficulté... Aujourd’hui on fait de bons diagnostics, mais quand on les fait, il faut aussi être capable de donner des services pour être capable de régler cette problématique. Trop souvent, dans notre système, on considère que l’enseignant est le service. On ne peut pas demander à l’enseignant d’être spécialisé dans tous les domaines. Quand on dit qu’il peut y avoir 12 ou 15 élèves avec des plans d’interventions dans la classe, ça nécessite de l’adaptation de la part de l’enseignant, et c’est là qu’on a des problèmes (...) du fait que l’enseignant ne peut pas suffire à la tâche. »

Classes à plusieurs niveaux

Le SEE veut se pencher sur les classes à plusieurs niveaux, une réalité très présente dans certains milieux ruraux estriens.

« Les groupes à plus d’une année d’étude, ça aussi c’est un élément qui est important au chapitre de la lourdeur et de la complexification de la tâche. Quand on a des élèves de première et de deuxième années, il faut que l’enseignante fasse une préparation pour les deux niveaux », illustre Richard Bergevin.

« Dans certaines petites écoles, c’est une façon de fonctionner année après année. Au début, il y en avait quelques-unes, mais c’est devenu beaucoup trop répandu (...) Dans les dernières années, les commissions scolaires ont beaucoup multiplié ces groupes-là, et on l’associe au manque de financement des écoles. »

Cette façon de faire ne sert-elle pas à garder en vie certaines petites écoles de village ?

« On n’est pas en train de dire qu’il ne faut pas que ça existe, parce que oui, c’était souvent une façon de garder une école de village ouverte. La problématique, c’est qu’on se retrouve avec un trop grand nombre de situations du genre... Il pourrait y avoir une enseignante supplémentaire qui donne un support aux trois autres, image M. Bergevin. Il pourrait y avoir certains aménagements pour maintenir les écoles de village ouvertes. »

Le SEE entend continuer de suivre de près le dossier de la violence commise envers les enseignants.