Les membres du Syndicat du personnel enseignant du Cégep de Sherbrooke ont manifesté devant les bureaux de la députée Geneviève Hébert, vêtus de masques de zombie, afin de dénoncer leurs conditions de travail.
Les membres du Syndicat du personnel enseignant du Cégep de Sherbrooke ont manifesté devant les bureaux de la députée Geneviève Hébert, vêtus de masques de zombie, afin de dénoncer leurs conditions de travail.

Les enseignants du Cégep de Sherbrooke réclament plus de ressources pour la session d’hiver [VIDÉO]

Lilia Gaulin
Lilia Gaulin
La Tribune
Les membres du Syndicat du personnel enseignant du Cégep de Sherbrooke (SPECS-CSN) en ont assez des conditions périlleuses dans lesquelles ils travaillent depuis le début de l’année scolaire notamment en raison des obstacles causés par la COVID-19. Vêtus de masques de zombie, ils ont d’ailleurs manifesté leur mécontentement, vendredi avant-midi, devant les bureaux de la députée Geneviève Hébert à Sherbrooke.

Environ 18 % des membres du SPECS-CSN sont en détresse élevée selon sa présidente Julie Dionne. « On dénonce les conditions d’enseignement que nous avons avec la COVID-19. Depuis le mois de mars, nos membres sont à pied d’œuvre pour sauver la session des étudiants. Cet automne, on essaie de faire un retour à la normale. En passant un sondage, nous avons réalisé que nos membres sont en détresse moyenne ou élevée. Nous effectuons des démarches pour éviter que l’hiver soit aussi lourd », illustre-t-elle.

Mme Dion évoque qu’il est primordial d’éviter un bris de services. « Nous enseignons des matières très spécialisées. Nous ne pouvons pas embaucher n’importe qui. Notre objectif est vraiment de protéger nos enseignants. »

Le syndicat est actuellement en négociations avec le gouvernement pour tenter d’obtenir des ressources supplémentaires. « Nous aimerions nous faire reconnaître 20 % plus de ressources pour l’hiver. Cela se traduirait par une réduction du nombre d’étudiants par groupe ou par une diminution du nombre de groupes. Nous souhaitons planifier la session d’hiver pour pouvoir plus encadrer les étudiants. L’enseignement à distance demande une rétroaction beaucoup plus serrée pour arriver à accrocher les étudiants. Ça demande beaucoup plus d’énergie. En ce moment, les profs ont de la difficulté à répondre à la demande des étudiants. Le pire pour un enseignant est de ne pas être en mesure de les appuyer », explique Mme Dionne. 

« En ce moment, on sent que les profs ont besoin d’aide et de ressources que ce soit au collégial, à l’université, au primaire ou au secondaire. Ce n’est pas assez. Il y a des besoins maintenant, pas plus tard », explique une des membres du SPECS-CSN.

Selon un sondage réalisé par le SPECS-CSN, 18% de ses membres sont en détresse élevée. 

Les étudiants en difficulté

La coordonnatrice du département de musique, Anne-Marie Leblanc, soutient que les abandons sont de plus en plus fréquents au sein de la communauté étudiante. « Nous sommes très sollicités ces temps-ci. Les étudiants sont vraiment en détresse psychologique. Il y a beaucoup d’étudiants qui abandonnent et qui n’arrivent pas à trouver les ressources pour aller jusqu’au bout. Il faut comprendre leur réalité. Ils sont sollicités par beaucoup de profs avec des plateformes d’enseignement différentes. Les travaux d’équipe se font en ligne. C’est assez compliqué. À la base, notre clientèle est déjà demandée à plusieurs endroits. Actuellement, ils éclatent », illustre celle qui est également enseignante et responsable de l’encadrement du département de musique.

« J’appréhende beaucoup l’hiver. C’est épeurant », conclut Mme Leblanc.