Lors de l’assemblée générale du Syndicat de l’enseignement de l’Estrie, les grandes préoccupations portaient sur la santé et la sécurité des enseignants, de leurs proches et de leurs élèves.
Lors de l’assemblée générale du Syndicat de l’enseignement de l’Estrie, les grandes préoccupations portaient sur la santé et la sécurité des enseignants, de leurs proches et de leurs élèves.

Les enseignants de l’Estrie auront de la protection

Les enseignants de l’Estrie auront de l’équipement de protection lorsqu’ils reviendront en classe, assure le président du Syndicat des enseignants de l’Estrie, Richard Bergevin.

Lors de l’assemblée générale du Syndicat de l’enseignement de l’Estrie, les grandes préoccupations portaient sur la santé et la sécurité des enseignants, de leurs proches et de leurs élèves. « On a eu une bonne nouvelle, les commissions scolaires francophones de l’Estrie [de la Région-de-Sherbooke, des Hauts-Cantons et des Sommets] ont fait le choix d’acheter de l’équipement de protection individuelle lorsqu’ils seront en contact avec les élèves », exprime M. Bergevin. 

Pour lui, la mesure de distanciation sociale sera très difficile à respecter pour les plus jeunes élèves. « Les enfants de cinq ans, beaucoup de leurs apprentissages sont moteurs, analyse-t-il. Ça nécessite de bouger. De plus, pour eux, la notion des deux mètres n’est pas très concrète. »

« Une élève qui a de la peine et qui court vers son enseignant en pleurant, l’enseignant ne va pas courir à sens contraire pour s’éloigner. On sait que ça va arriver, on sait qu’il faut avoir le moins de contacts possible, mais ça va arriver. Et il faut le prévoir », cite-t-il en exemple. 

M. Bergevin assure que les commissions scolaires travaillent très fort pour tenter de rendre la rentrée scolaire réalisable. « Le gouvernement a pris une décision et je ne suis pas certain qu’il a mesuré l’ampleur du travail qu’il demandait dans les contraintes d’aujourd’hui. »

Prêts le 11 mai?

Sans avoir de chiffres officiels, M. Bergevin estime qu’entre 75 et 80 % des élèves seront de la rentrée printanière. « On se questionne du réalisme d’arriver au 11 mai. Si on a 80 % des élèves, qu’on ne puisse pas avoir plus de 15 élèves par groupe — et pour certaines classes, il faut que ce soit moins que ça, faute d’espace —, ça veut dire qu’en Estrie, presque toutes les classes seront doublées. Les écoles secondaires peuvent absorber un certain nombre d’élèves, mais il n’y a pas assez d’écoles pour doubler chacun des groupes », décrit le président du syndicat. 

La problématique pourrait être accentuée dans les milieux plus ruraux. « Dans les Hauts-Cantons et dans les Sommets, les écoles secondaires ne sont pas collées sur les écoles primaires. Ça peut être très complexe », ajoute-t-il, assurant que les commissions scolaires travaillent fort dans les balises demandées par le gouvernement. 

« Il a mentionné qu’il n’était pas question d’avoir de l’école à temps partiel. Présentement, on croit qu’il devra revenir sur cette positon, car ça ne sera pas fonctionnel, à moins que nos chiffres préliminaires ne soient pas bons », dit-il, assurant que ce chiffre sort également dans d’autres régions semblables à l’Estrie.

Que se passe-t-il si un enseignant vit avec quelqu’un à risque? « Actuellement, la position en général des commissions scolaires, c’est de ne pas obliger les trois groupes de personnes plus à risque à travailler, mais aussi les proches [des personnes à risque], répond le président du syndicat. On n’a pas de réponse formelle de la part de l’ensemble des commissions scolaires. En général, ils disent d’appeler la direction et tenter de voir avec elle. »

« Les commissions scolaires parlent de leur demander de faire du télétravail. Les élèves qui ne se présenteront pas à l’école devront être suivis. Si un enseignant travaille toute la journée avec les élèves à l’école, des gens devant rester à la maison pourraient faire le suivi avec les élèves ne restant pas à l’école. Mais on n’a pas encore de certitude », enchaîne-t-il, ajoutant que les recommandations de la santé publique concernant le retour en classe ne sont pas encore sorties.

D’ailleurs, les professeurs d’éducation physique pourraient mettre la main à la pâte. « Si on dédouble les groupes, ça prend deux enseignants pour chaque groupe. Le gouvernement nous a dit qu’il fallait se concentrer sur les matières de base. Les enseignants d’éducation physique risquent de prendre la charge d’un groupe régulier », mentionne-t-il, disant que les syndicats et leurs membres auront une idée plus précise en début de semaine. 

Le syndicat a également demandé à ce qu’il y ait un ajout de temps de conciergerie dans les écoles. « Ce n’est pas nous qui décidons cela, mais on l’a demandé. Il faut que ce soit fait plus souvent qu’à l’habitude. À l’origine, on pensait que les équipes des écoles secondaires pourraient venir donner un coup. »

Zoom

L’assemblée générale qui avait lieu sur Zoom a atteint le maximum de 1000 personnes très rapidement. Une autre assemblée générale est donc à l’horaire samedi, 9 h, sur la même plateforme.