Karine Godbout, chef de service des unités de réadaptation internes à la direction des programmes jeunesse au CIUSSS de l’Estrie-CHUS (debout sur la photo) et Sarah-Dalia Elmir, éducatrice spécialisée, écoutent un jeune pensionnaire du pavillon La Croisée qui joue des aires de guitare.

Les enfants hébergés à Val-du-lac célèbrent Noël

Les enfants hébergés en protection de la jeunesse à Val-du-lac ont fêté Noël un peu avant le temps, mercredi soir.

« Ce soir, c’est la fête! On sert de la dinde et on a aussi acheté quelques extras demandés par les jeunes, comme des ailes de poulet. Tous leurs éducateurs sont là pour fêter. Après le repas, il y aura des jeux, le déballage des cadeaux et une collation spéciale », explique Karine Godbout, chef de service des unités de réadaptation internes à la direction des programmes jeunesse au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

Il y aura bientôt 15 mois que Marc (prénom fictif), 15 ans, vit en hébergement au pavillon  La Croisée, un pavillon pour les jeunes garçons de 12 à 17 ans hébergés de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) de l’Estrie.

Rencontré tout de suite après un match de hockey disputé contre l’équipe des éducateurs spécialisés (match remporté par l’équipe des jeunes, bien sûr),  il avait hâte de vivre cette soirée festive.

« C’est l’fun. On est plus lousses », explique le jeune homme qui siège au comité des usagers de Val-du-Lac.

« C’est certain que j’aimerais mieux être dans ma famille, mais j’ai des choses à travailler et c’est correct, j’y travaille », soutient-il avec philosophie.

Mélange d’émotions

Ce type de soirée festive peut causer toutes sortes d’émotions chez les jeunes qui sont hébergés parce qu’ils ont vécu toutes sortes d’histoires difficiles dans leurs familles. Lors de soirées comme celle d’hier, il n’est pas si rare que les émotions explosent, que les agents d’intervention doivent intervenir et que les salles d’isolement doivent être utilisées.

« À l’approche des Fêtes, il y a beaucoup de fébrilité dans l’air dans nos différents pavillons », concède Karine Godbout.

Au total, ce sont une centaine de jeunes qui habitent de façon permanente dans les différents pavillons de Val-du-Lac, un centre de réadaptation pour les jeunes. Le soir des réveillons de Noël et du jour de l’An, ils seront toutefois beaucoup moins entre les murs de l’établissement.

« Dans la période des Fêtes, nous faisons tout ce qui est possible pour que les jeunes puissent faire une sortie dans leur milieu familial ou en famille d’accueil, même si ce n’est que pour une courte période », explique Karine Godbout.

Certains enfants sont toutefois bel et bien chez eux au centre jeunesse puisqu’un retour dans leur famille n’est pas envisageable et c’est là qu’ils réveillonneront.

« Chaque année, leurs éducateurs spécialisés se donnent un mot d’ordre : ils sont au travail à Noël ou au jour de l’An pour que ce ne soient pas seulement des remplaçants qui soient là le 24 et le 31 décembre au soir. Défoncer la nouvelle année avec des étrangers, on trouve que ce ne serait pas humain pour nos jeunes et nous, on travaille avec des humains », assure la passionnée chef de service.

Les adolescents qui resteront à Val-du-Lac pourront quand même fêter le 24 au soir : ce sera souper au restaurant pour tout le monde! « Les enfants qui sont ici le 24 sont aussi ceux qui sortent le moins les fins de semaine… Alors on veut faire quelque chose de spécial pour eux pour les sortir des murs de l’établissement. Et savez-vous quoi? Les cinémas de Sherbrooke sont géniaux, parce qu’ils sont ouverts le 25 décembre. Alors le 25, on les sort au cinéma! »

Les plus petits pensionnaires, ceux de 6 à 12 ans, resteront cependant à Val-du-Lac où la fête sera tout de même au menu sous d’autres formes. « Les traumatismes vécus par les petits sont encore trop frais. Ils vivent souvent beaucoup d’anxiété en présence d’inconnus et ça peut susciter des comportements très désorganisés », explique Karine Godbout.