Le gouvernement du Canada subventionnera 253 emplois d’été pour les jeunes dans le comté de Compton-Stanstead. Sur la photo : Jean-François Beaulieu, commodore pour le Club nautique du petit lac Magog, Marie-Claude Bibeau, députée de Compton-Stanstead et ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire, Vincent Monneret, employé au Camp Youhou.

Les emplois d’été pour tous les jeunes

Tous les jeunes de 15 à 30 ans, qu’ils soient étudiants ou non, pourront désormais tenter leur chance sur un poste du programme Emplois été Canada. Mercredi, la ministre Marie-Claude Bibeau annonçait que les 253 emplois octroyés par le programme dans la région cet été profiteraient de cet assouplissement des conditions d’admissibilité.

La suppression du statut d’étudiant auparavant exigé est complémentaire au renouvellement de la Stratégie emploi jeunesse, annoncé par le gouvernement dans le budget de 2018. L’objectif de cette stratégie mise en œuvre sur cinq ans est de veiller à ce que les jeunes, y compris ceux qui font face à des obstacles particuliers, puissent réaliser leur potentiel dans un marché du travail en évolution.

Au total, 129 municipalités et entreprises, organismes culturels, touristiques et communautaires se partageront une enveloppe de 779 677 $ pour embaucher des jeunes cet été. La saison estivale précédente, 122 organismes s’étaient vu subventionner 249 postes avec un total de 639 854 $. 

« Ce programme s’inscrit toujours dans la volonté de notre gouvernement de pouvoir aider les jeunes. Non seulement les étudiants, mais, cette année, les jeunes au sens plus large. Il souhaite leur offrir l’opportunité de développer leurs compétences et d’acquérir une expérience de travail significative » note Marie-Claude Bibeau, députée de Compton-Stanstead et ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire. 

« Embaucher un jeune, poursuit-elle, c’est lui donner sa première chance, souvent. Celle de développer ses expériences, celle d’expérimenter un nouveau secteur d’activité, de tâter le marcher du travail, de confirmer son choix de carrière ou de métier, d’acquérir du savoir-faire et du savoir-être, aussi », déclare Mme Bibeau. 

Jean-François Beaulieu, commodore pour le Club nautique du petit lac Magog, affirme que six emplois de moniteurs lui seront subventionnés pour la saison estivale « Les six moniteurs, c’est la différence entre la survie et la non-survie du Club nautique. La subvention servira surtout au programme de voile adaptée, le bateau qu’on verra la plus souvent sur les eaux du lac cet été. C’est aussi une façon de démocratiser la voile, ça permet aux jeunes de s’y initier dans le cadre de leur emploi et d’avoir la piqûre pour le reste de leur vie », partage-t-il, affirmant que son organisation est tenue à bout de bras par des bénévoles dévoués.  

De son côté, Vincent Monneret du Camp Youhou croit que les emplois d’été peuvent être décisifs pour les jeunes. « À 15 ans, je n’ai pas juste été embauché dans un camp de jour : on m’a donné ma première chance. Ça fait aujourd’hui 9 ans que je suis dans les camps. Cette année, j’aurai à mon tour à donner une première chance à de nouveaux employés, qui découvriront peut-être une passion comme je l’ai fait », partage celui qui étudie aujourd’hui en éducation.  

L’embauche difficile

Dans le cadre de ce programme, les employeurs du secteur sans but lucratif sont admissibles à une contribution pouvant aller jusqu’à 100 % du salaire horaire minimum. De leur côté, les employeurs des secteurs public et privé sont admissibles à une contribution pouvant aller jusqu’à 50 % du salaire horaire minimum. 

Malgré cette subvention, le manque de disponibilité de la main-d’œuvre oblige certains employeurs à se rendre plus attrayants en offrant un taux horaire plus élevé. « Ça a été particulièrement plus difficile de pourvoir nos postes cette année », partage Janelle Ménard, directrice de l’organisme Étincelles de bonheur du Haut-Saint-François, qui offre un service de répit sous forme de camp de jour pour les personnes vivant avec un handicap. 

L’organisme d’East Angus a reçu l’aide du programme Emplois été Canada pour une portion de ses postes de moniteur de camp de jour. Les emplois pour lesquels un diplôme du secondaire est minimalement exigé représentent 14 $/h, soit 1,50 $/h au-delà du salaire minimum. Une différence assumée par l’organisme pour pourvoir plus facilement ses postes, qui impliquent en plus des compétences sociales particulières. 

« C’est certain qu’on est en périphérie de Sherbrooke, alors les jeunes préfèrent souvent des emplois un peu plus près de chez eux », note-t-elle également.