« Je trouve qu’on a une relation pas très saine entre la Ville et les promoteurs », affirme la conseillère Évelyne Beaudin. 
« Je trouve qu’on a une relation pas très saine entre la Ville et les promoteurs », affirme la conseillère Évelyne Beaudin. 

Les élus ont-ils cédé devant les promoteurs?

« C’est un peu étrange la façon dont on étudie le dossier » a lancé la conseillère Évelyne Beaudin, lundi, déplorant que les élus débattent du règlement sur les superficies de bureaux en fonction d’un projet et non en fonction du règlement lui-même.

« Je trouve qu’on a une relation pas très saine entre la Ville et les promoteurs. Les promoteurs sont continuellement en position d’ultimatums. Comme Ville, ça devient difficile à gérer. Le promoteur le plus important devrait être la Ville. J’ai l’impression qu’on doit changer notre relation pour avoir les deux mains sur le volant pour notre développement territorial. Il y a des investissements historiques au centre-ville. On parle de dizaines de millions de dollars. Il faut que nos gestes soient cohérents », dit Mme Beaudin. 

« Ce n’est pas la bonne façon de travailler, sous pression, avec des ultimatums. On fait beaucoup de choses pour aider les promoteurs. Ce serait bien qu’il y ait de l’ouverture à développer en cohérence avec la vision de la Ville. Mais en même temps, quelle est la vision de la Ville? Pour que le citoyen soit gagnant, il faut un équilibre des forces. Il risque d’y avoir des gros joueurs qui quittent le centre-ville à cause de la faille. »

Le promoteur Philippe Dusseault, qui investit au centre-ville, est loin de se réjouir de la décision prise lundi par le conseil municipal. « C’est plus facile de développer dans un champ qu’au centre-ville. Les incitatifs pour développer au centre-ville ne sont pas assez importants. La pression est trop forte de l’extérieur. Je me demande si on fait assez pour développer le centre-ville. J’ai l’impression que la Ville a de la misère à être cohérente. »

Le président du comité consultatif d’urbanisme, Vincent Boutin, a refusé de commenter la pression des promoteurs. « Je me concentre sur l’avenir. Nous travaillerons le plus rapidement possible pour en arriver à un consensus en ce qui concerne le règlement. »

Le maire Steve Lussier, lui, estime qu’un nouveau règlement pourrait être adopté bientôt pour limiter l’expansion des bureaux hors centre-ville.

Charles-Olivier Mercier, directeur général de Commerce Sherbrooke, rapporte qu’une liste des bureaux disponibles au centre-ville avait été envoyée aux élus lundi. « Il n’y en a pas beaucoup et tout dépend des besoins de l’entreprise. La Banque Nationale étant déjà à la Cité du Parc, il est normal qu’elle veuille prendre de l’expansion à cet endroit. En plus on reste dans le périmètre élargi du centre-ville. Il faudra faire une réflexion en entendant les promoteurs, la Ville, les urbanistes et les élus. Si on décide d’ouvrir la brèche, il faudra décider où et comment. Il y a des choses très créatives qu’on peut faire pour développer notre centre-ville et garder nos entrepreneurs. »